Comment les jeunes s’éduquent-ils eux-mêmes ?

Dans son dernier ouvrage “L’éducation buissonnière”, la sociologue Anne Barrère se penche sur les activités électives des jeunes : blogs, net, sports, musiques… où le numérique tient une large part. Elle analyse de nombreux entretiens menés et nous fait découvrir des richesses bien souvent ignorées. Loin des constats catastrophiques sur l’impossibilité d’éduquer les jeunes et la dramatisation de la concurrence de la culture scolaire et de la culture de masse, elle nous montre tout ce que les jeunes apprennent en dehors de l’École, parfois contre elle ou malgré elle.
En effet, elle montre que les jeunes apprennent à gérer l’excès en tirant des leçons d’expériences de démesure et trouvent des limites, qu’ils communiquent par écrit comme jamais aucune autre génération ne l’a fait, qu’ils enrichissent leur quotidien en mêlant échanges à distance et sociabilité en « présentiel ». Loin des idées reçues, ils se montrent capables à travers ces activités de s’impliquer dans la durée, de se concentrer, de fournir des efforts et de relever des défis complexes. Supports d’expression personnelle, les activités électives leur permettent aussi de se singulariser, alimentent le désir de l’amélioration continue de soi et participent au cheminement, entre rêves et pragmatisme, vers un projet professionnel.
Des entretiens menés en SEGPA, avec des jeunes réputés ne s’intéresser à rien, montrent qu’ils s’investissent pourtant comme les autres avec force dans des activités électives.
En conclusion, les jeunes se divertissent, s’occupent, et en même temps développent et mettent à jour des compétences et des talents hors de l’institution scolaire. Il faudrait inverser le regard ; l’École au lieu de s’inquiéter de ces activités et de se sentir menacée, devrait se poser la question de la reconnaissance de ces apprentissages informels, de leur validation et de leur valorisation.

L’avis de la fédération UNSA Éducation !
L’UNSA Éducation revendique la transformation et la démocratisation du service public d’Éducation et l’accès de tous à la connaissance et aux pratiques artistiques, culturelles et sportives. L’éducation peut s’inscrire en effet dans un cadre formel (système scolaire et universitaire), informel (associations, entreprises, médias, Internet…) ou non formel (système autre que le système scolaire ayant pour objectif d’éduquer : famille, éducation populaire, formation continue). Les frontières entre les cadres formel, informel et non formel s’estompent. C’est pourquoi la fédération UNSA Éducation est favorable à la modularité des formations, à la valorisation et à la validation des acquis de l’expérience.

Celles-ci remettent en cause l’étanchéité des systèmes au profit de parcours diversifiés et plus souples, offrant une possibilité d’évolution tout au long de la vie. Les systèmes d’éducation et de formation ne doivent donc plus être considérés comme des ensembles étanches. Il faut favoriser leur interopérabilité.

Vous pouvez télécharger ici le dossier complet en format pdf « Questions de société » n°1: Jeunesse : génération d’avenir ?

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