Europe : une génération sacrifiée ?

Si la jeunesse est « davantage un passage qu’un âge » (Bourdieu), la crise dans l’ensemble de l’Europe a retardé le franchissement vers l’âge adulte en empêchant l’insertion des jeunes dans la société et leur nécessaire « décohabitation » d’avec les parents.
Cette crise pénalise en effet particulièrement les jeunes sur le marché du travail, et ce, dans l’ensemble des pays européens. Dans les pays où le taux de chômage, déjà élevé pour les jeunes, a beaucoup augmenté (Europe du Sud et de l’Est), le chômage des jeunes atteint désormais des sommets mais la situation s’est également dégradée dans les pays ayant réussi à traverser la crise sans trop de difficultés mais où ce sont les jeunes qui servent de « variable d’ajustement ». C’est ainsi qu’en Suède, au Danemark et en Finlande l’augmentation du chômage des jeunes a été très forte.
Il faut noter, d’autre part, que dans les deux tiers des pays de l’OCDE, les jeunes sortis du système scolaire n’ont droit à aucune forme d’allocation même si on note une différence entre pays du nord (où des transferts sociaux conséquents existent pour les jeunes en formation ou en recherche d’emploi) et pays du sud où la famille reste le principal soutien.

Comment les jeunes réagissent-t-ils face à cette situation ?
Les réactions sont diverses mais le mécontentement grandit :
• décrochage de la formation initiale ou, à l’inverse, système éducatif vécu comme un refuge ;
• inactivité : ce sont les « NEET » : ni en emploi, ni en éducation, ni en formation : cela concerne particulièrement les jeunes femmes en provoquant un retour au foyer ;
• émigration : en particulier pour les plus diplômés ;
• intégration à des mouvements de protestation originaux.

Quel rôle pour les organisations syndicales ?
Elles ont parfois été surprises par l’ampleur des nouveaux mouvements de jeunes (en Espagne et au Royaume-Uni en particulier). En Espagne, aucun syndicat et aucun parti politique n’a pu capitaliser le mécontentement provoqué par la précarité dans l’emploi des jeunes.
Aux Pays-Bas, au Portugal et au Royaume-Uni, elles ont mis en place ou réactivé des sections jeunes.
Au Royaume-Uni, grands syndicats de la Fonction publique et syndicats d’enseignants se sont associés aux organisations étudiantes pour lancer une campagne contre la suppression de l’allocation de poursuite d’études.
Dans l’ensemble, les organisations syndicales contestent les mesures d’austérité les plus injustes, soulignent la nécessité d’offrir plus de possibilités aux jeunes, de créer des emplois de qualité.
Elles s’opposent aux exceptions pour les jeunes dans la législation du travail que demandent les organisations patronales.

 

Image : Christopher Hall PhotoXpress
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