Jeunes : la triple discrimination

« La jeunesse française est discriminée économiquement, désocialisée culturellement et sousreprésentée politiquement. » affirme Olivier Galland, du Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique (Gemas), qui précise que trois explications générationnelles s’enchevêtrent.
De fait, depuis quelques décennies, la précarité de l’emploi se concentre de plus en plus sur les jeunes.
Du début des années 1980 au milieu des années 2000, le pourcentage de jeunes actifs de moins de 25 ans occupant un emploi instable ou pointant au chômage est passé d’un peu plus de 40 % à près
de 60 %. « Les jeunes, surtout non diplômés, sont plus que jamais la principale variable d’ajustement de l’économie, avec les travailleurs âgés, dit Olivier Galland. Notre système a plutôt tendance à protéger les “insiders” (ceux qui sont déjà intégrés dans l’emploi) que les “outsiders” (les postulants) ». Certes, il ne faut pas noircir le tableau à l’excès. Entre 25 et 30 ans, 80 % des jeunes finissent par obtenir un CDI. Il n’en demeure pas moins vrai que si l’ascenseur social n’est pas totalement en panne, il fonctionne assez mal et plutôt lentement.
Outre ces facteurs économiques, la culture des jeunes est également en rupture. Elle est déconnectée des standards de la « culture légitime » qui correspond aux normes scolaires et aux normes des milieux sociaux les plus favorisés. « Ceux qui en souffrent probablement le plus sont les professeurs, chargés de transmettre un patrimoine culturel qui accroche de moins en moins sur les élèves, constate Olivier Galland. Moins le legs culturel issu du passé est partagé entre générations, moins la société peut exercer son pouvoir intégrateur », celui-ci reposant sur « le sentiment d’appartenir à une collectivité qui partage les mêmes valeurs ».
Les jeunes, enfin, sont mal représentés dans les corps intermédiaires (syndicats, associations, partis) susceptibles de parler et de négocier en leur nom avec les pouvoirs publics. Les tergiversations sur l’existence et le rattachement d’un département ministériel leur étant dédié (ministère, haut-commissariat, secrétariat d’État avec les Sports, la Santé, l’Éducation nationale…) ne font rien pour améliorer les choses. « Les jeunes sont des acteurs quasi invisibles, sauf lorsqu’ils descendent dans la rue pour protester contre telle ou telle mesure les concernant, remarque Olivier Galland. La sphère politicoadministrative s’interroge alors sur les racines du malaise, mais elle peine à trouver dans la jeunesse elle-même des interlocuteurs crédibles et légitimes, puisque celle-ci est très faiblement organisée. »

L’avis de la fédération UNSA Éducation !
Ce véritable cercle vicieux interroge les politiques de jeunesse tant au niveau de l’État que des collectivités territoriales. Pour l’UNSA Éducation, il nécessite de mettre en place des partenariats solides et durables avec tous les acteurs concernés et pose globalement la question de la construction de notre avenir collectif.

Photo : timparkinson sur Flickr

Vous pouvez télécharger ici le dossier complet en format pdf « Questions de société » n°1: Jeunesse : génération d’avenir ?

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