Un exemple d’e-learning

Christophe Jeunesse, chargé de mission pour l’académie de Strasbourg en 2010-2011, maître de conférences à Paris Ouest Nanterre la Défense, formateur et conférencier à l’ESEN.

Questions d’Éduc : Tu as mis en place la formation à distance des enseignants stagiaires 2nd degré de l’académie de Strasbourg. Comment la nécessité d’une telle formation est-elle apparue ?

Christophe Jeunesse : La réforme de la mastérisation ayant réduit considérablement la formation des fonctionnaires stagiaires, il a fallu faire émerger d’autres solutions pour permettre l’autoformation. L’idée d’une autoformation éducative avec tuteur à distance s’est imposée. En effet, elle permettait non seulement d’éviter les coûts liés aux déplacements et aux frais de bouche mais également de faire des économies de temps.

Questions d’Éduc : Une telle initiative a dû faire naître des résistances ?

Christophe Jeunesse : Elles ont été très fortes de la part des utilisateurs eux-mêmes. Cette formation, qui devait se faire sur leur temps libre à distance, remplaçait une formation qui, jusque-là, avait lieu en présentiel, sur un temps institutionnalisé et qui était ressentie comme une réelle bouffée d’oxygène. Ce nouveau modèle apparaissait, lui, comme générateur de travail et de stress supplémentaires. Et une plateforme numérique avec comme seule possibilité de communication, un message écrit, semblait réducteur. Ces résistances étaient justifiées. La plateforme « Performance » mise en place par le ministère était insuffisante, en retard par rapport aux outils comme les réseaux sociaux, très utilisés par les jeunes et bien plus conviviaux.
D’autre part, des résistances remontèrent des IA-IPR qui estimaient que cette formation ne pourrait répondre au besoin de l’institution en matière de formation initiale et continue.

Questions d’Éduc : En quoi a consisté cette formation ?

Christophe Jeunesse : Elle a beaucoup évolué au fil des mois pour s’adapter au besoin des stagiaires. Dans un premier temps, l’entrée retenue fut « la gestion/tenue de classe ». Des parcours avec des situations problème à résoudre ont été proposés aux stagiaires. L’accueil fut très négatif.
Dans un second temps, c’est un outil facultatif basé sur le référentiel de compétences de l’enseignant qui a été développé. Organisée en modules correspondant à chaque compétence du référentiel et déclinés par discipline, cette formation mettait à disposition du stagiaire à la fois un grand nombre de ressources, validées par l’institution, utilisables en classe après adaptation et une aide en ligne, sous forme de forum, dispensée par un tuteur formateur. Ce dispositif a rencontré nettement moins de résistances.

Questions d’Éduc : Qu’est-ce qui fait la réussite d’une formation e-learning ?

Christophe Jeunesse : Les meilleurs dispositifs sont des dispositifs mixtes. La formation en e-learning nécessite un temps de présentiel, un temps de rencontre entre stagiaire et tuteur en ligne. Ce temps est nécessaire pour instaurer la confiance qui fera la réussite du dispositif.
Une formation e-learning réussie est aussi une formation qui fait la part belle à la relation transactionnelle, entre stagiaire et formateur, entre pairs. Elle doit concilier visioconférence, travail collaboratif, différents modules interactifs, de nombreux médias.

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’éduc» n°3

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