Quelques points d’histoire

Le français est devenu langue officielle par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, édictée par François Ier, le 6 septembre 1539. Il s’agit du plus ancien texte encore directement en vigueur en France. Le français se substitue au latin comme langue des tribunaux et des chancelleries, et ne remplace pas les langues régionales.

Le décret du 2 Thermidor An II (20 juillet 1794) impose le français comme seule langue de toute l’administration. L’article 1er stipule : « […] nul acte public ne pourra, dans quelque partie que ce soit du territoire de la République, être écrit qu’en langue française. » La Restauration abandonne largement l’instruction publique à l’Église qui y rétablit le latin.

Après la Révolution de 1830 et celle de 1848, l’enseignement primaire d’État en français se développe.

Les lois Ferry, qui permettent de démocratiser et d’imposer le français sur tout le territoire, visent à élever le niveau culturel de la population par l’instruction publique, ainsi que par la diffusion d’une langue commune et internationale.

On ne trouve aucune trace de volonté d’anéantir les langues régionales dans les discours de Jules Ferry.

Au contraire, sa circulaire du 23 septembre 1880 mentionne : « Pour que l’école se fasse aimer et apprécier de tous, il faut qu’elle s’approprie aux convenances locales, qu’elle se plie aux circonstances et aux traditions, […] qui, sans être contraires aux règles communes, lui paraîtront répondre à des besoins particuliers». Jean-François Chanet, dans L’école républicaine et les petites patries, démontre que le premier objectif  n’était pas de faire disparaître les langues régionales, mais était de faire apprendre la langue française à tous.

Le régime de Vichy tente d’introduire, à l’école primaire, l’enseignement des « langues dialectales » à travers deux lois, en 1941 et 1942. Elles sont abrogées à la Libération.

En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement facultatif des langues régionales de France. Cette loi est, aujourd’hui, abrogée : elle a été remplacée par la loi Bas-Lauriol de 1975, par la loi Toubon de 1994, puis par le Code de l’Éducation.

Des données

Une enquête de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), publiée le 21 février 2002 et intitulée « Langues régionales, langues étrangères : de l’héritage à la pratique » souligne : « Au fil du siècle, la transmission des langues régionales s’est beaucoup affaiblie ; ce n’est pas le cas des langues étrangères, du fait de l’immigration. Seul un tiers des adultes qui ont reçu de leurs parents une langue autre que le français l’ont retransmise à leurs propres enfants ».

 langues  Locuteurs
 Alsacien  900 000 (sur 1,7 millions)
 Francique  400 000 (sur 2,3 millions)
 Flamand  20 000 – 40 000 (sur 1,4 millions)
 Breton  172 000 (sur 1,5 millions)
 Langues d’oïl  204 000 (sur 35 millions)
 Franco-provençal  150 000 (sur 6 millions)
 Catalan  126 000 (sur 370 000)
 Occitan  3 000 000 (sur 13 millions)
 Corse  150 000 (sur 250 000)
 Basque  40 000 – 100 000 (sur 260 000)
Image : première page de l’ordonnance de Villers-Cotterêts du 15 août 1539. From w:fr:Image:Villers-Cot.jpg

 

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions de société» n°3

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