Une diversité et une richesse culturelles

« Le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue. » Stendhal

78 langues régionales

La plupart des 24 langues régionales de l’hexagone proviennent du latin (les langues d’oïl, l’occitan et ses variétés, le catalan, le franco-provençal et le corse), d’autres du germanique initial (francique, flamand, alsacien) ou du celtique (breton) ; seul le basque est une langue isolée (famille basque).

On distingue les langues gallo-romanes (langues d’oïl et langues d’oc) et les langues non gallo-romanes, mais le catalan et le corse demeurent des langues romanes.

Dans les départements d’outre-mer ou DOM (Martinique, Guadeloupe, La Réunion et Guyane), au-delà des créoles à base lexicale française, il existe – surtout en Guyane- des créoles bushinengés et des langues amérindiennes.

En Nouvelle-Calédonie, 28 langues kanak ont été recensées. Plusieurs langues sont répertoriées en Polynésie française.

À Mayotte, on distingue le shimaoré (ou mahorais) et le shibushi. Et dans l’archipel de Wallis-et-Futuna, il faut distinguer le wallisien et le futunien.

La langue vecteur de culture et d’ouverture

Même s’il n’y a pas une correspondance totale entre langue et culture comme l’a bien démontré Claude Lévi-Strauss, « la diversité linguistique est un élément fondamental de la diversité culturelle ». Par cette déclaration de 2005, l’UNESCO – qui réaffirme « le rôle fondamental que joue l’éducation dans la protection et la promotion des expressions culturelles » – reconnaît l’importance que revêt la langue dans l’expression des identités culturelles. En effet, celle-ci permet de comprendre de manière plus profonde l’identité d’un groupe d’individus dans une sorte de « Dis-moi quelle langue tu parles, je te dirai qui tu es ! ».

Il ne s’agit, bien entendu, ni d’affaiblir ni de se substituer à la langue nationale, mais de l’enrichir par un ancrage dans « des perspectives, des traditions, une mémoire et des modes uniques de pensée et d’expression – autant de ressources précieuses pour garantir un avenir meilleur », pour reprendre les mots de l’UNESCO.

Au cours de l’été 1911, Jean Jaurès, qui passe quelques jours de vacances à Lisbonne, constate : « Notre languedocien et notre provençal ne sont guère plus que des baies désertées, où ne passe plus le grand commerce du monde ; mais elles ouvrent sur la grande mer des langages et des races latines, sur cette « seigneurie bleue » dont parle le grand poète du Portugal. Il faut apprendre aux enfants la facilité des passages et leur montrer, par-delà la barre un peu ensablée, toute l’ouverture de l’horizon » (1). Il communiquera ainsi sa conviction, à la rentrée, aux instituteurs de France en affirmant qu’une des plus hautes œuvres de civilisation est d’amener les nations à la pleine conscience d’elles-mêmes. S’appuyant sur les besoins en éducation pour permettre l’organisation collective de la production et de la propriété, il affirme que « […] de même la réalisation de l’unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et l’originalité de leur génie » (2).

(1) Jean Jaurès, « L’Éducation Populaire et les « patois » » , La Dépêche, 15 août 1911
(2) Jean Jaurès, Revue de l’Enseignement Primaire, 15 octobre 1911

 

Image : Gaston Lagaffe de Franquin devient Gust Leniolu en arpitan savoyard. Source © Marsu Productions.

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions de société» n°3

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