L’immersion de DIWAN

DiwanLe projet ministériel d’intégration en réseau des écoles Diwan, pratiquant l’immersion monolingue en langue bretonne, a été annulé par deux fois, en 2001 et 2002, par le Conseil d’État. Cette décision du juge administratif donnait ainsi gain de cause à l’UNSA Éducation, à la FCPE, au SE-UNSA et aux DDEN*, qui contestaient cette incorporation au système public décidée par Jack Lang.

Par ailleurs, ces organisations revendiquent toujours l’enseignement bilingue français et langue régionale, à parité horaire dans les classes du service public d’Éducation. Ce qui est en cause, c’est la méthode d’immersion pour laquelle la langue régionale reste, à tous les niveaux et pour toutes les matières, la langue exclusive de l’enseignement.

Le Conseil d’État a considéré, en dépit de l’avis favorable du Conseil supérieur de l’Éducation (avec les voix, en particulier, de la FSU et du SGEN), que le ministre de l’Éducation ne pouvait édicter, par voie d’arrêté et de circulaire, des dispositions « ayant pour objet et pour effet de substituer une langue régionale, notamment la langue bretonne à la langue française, comme langue d’enseignement ».

Pour Diwan, la langue régionale « reste à tous les niveaux et pour toutes les matières la langue de l’enseignement ».

Le Conseil d’État a estimé que ces écoles Diwan, qui pratiquent l’enseignement du breton par immersion, pouvaient continuer à exister, mais indépendamment du Service public.

Le projet Diwan n’était pas, dans les faits, une intégration dans le Service public, mais constituait un dédoublement de celui-ci où le français, éventuellement enseigné, était considéré comme une langue étrangère. Faire éclater le Service public en plusieurs entités publiques, sur la base d’une appartenance linguistique, débouchait sur un communautarisme revendiqué marquant la fin de la laïcité et de l’unicité de la République. Les partisans de Diwan revendiquent, aujourd’hui, une réforme constitutionnelle.

L’unicité, ce n’est pas l’uniformité, mais la diversité ne peut conduire à la division et les particularismes ne peuvent conduire à la ségrégation.

Le développement des langues et des cultures régionales peut et doit se faire dans le respect des règles du service public laïque de l’Éducation nationale en refusant tout endoctrinement.

http://www.insee.fr/fr/insee_regions/bretagne/themes/octant/oc92/oc92art3.pdf

L’avis de la Fédération UNSA Éducation !

Pour l’UNSA Éducation, la diversité des langues et des cultures est une richesse. En tant que mode d’expression et vecteur de culture, toutes les langues ont leur identité, leur valeur, une égale pertinence.
Cette approche inclut les langues et cultures régionales comme les langues et cultures d’origine.
C’est pourquoi nous revendiquons la préservation et le développement de la diversité de l’offre d’enseignement des langues dans le Service public. De plus, nous exigeons que l’enseignement des langues régionales soit organisé et assuré par le service public d’Éducation nationale sur la base du choix volontaire des familles. Cet enseignement, sans entrer dans une logique communautariste, doit être mis en oeuvre avec des déclinaisons adaptées selon les régions et les voies définies par les textes de l’Éducation nationale : sensibilisation, initiation, apprentissage, enseignement bilingue pouvant aller jusqu’à la parité horaire.
En revanche, l’UNSA Éducation refuse tout apprentissage des langues régionales par l’immersion.

* Délégués départementaux de l’Éducation Nationale

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions de société» n°3

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3 réflexions sur “L’immersion de DIWAN

  1. Dans ce cas, il faut faire fermer les établissements scolaires français à l’étranger qui enseignent la langue française par immersion selon le même principe…

  2. Quelques remarques….

    Une logique communautariste, c’est justement une seule langue. Donc les bilingues sont loin de cette logique !

    Sensibilisation, initiation, apprentissage, enseignement bilingue pouvant aller jusqu’à la parité horaire: il faudrait laisser parler les linguistes et les pédagogues et pas seulement les idéologues.

    La sensibilation et l’initiation n’ont jamais fait parler un seul élève.

    L’apprentissage, s’il est réel, doit se terminer par un niveau de connaissance s’approchant de celui en langue 1.

    Les classes bilingues sont le minimum pour l’apprentissage en langue régionale.

    Question: Avez-vous perçu un élève en immersion avec des compétences en langue française moindre que la moyenne des élèves des classes monolingues ?

  3. Est-ce que l’UNSA s’est seulement demandé pourquoi la plupart des autres pays européens soutiennent les langues minoritaires sur leur territoire ?
    La réponse se trouve peut-être dans le fait que ces pays sont de vraie démocraties qui savent respecter la diversité et non pas des états-nations arc-boutés sur leur principe « un pays, un peuple, une langue ».
    Le problème de la France, c’est qu’elle confond UNITE et UNIFORMITE. Rabaisser les langues et cultures minorisées ne fera pas grandir ce pays. C’est même tout le contraire.

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