En attendant le choix du Ministre

40a4eb35d06ddafa265f5cc56d13c572e3b21a92S’il n’est pas le premier à vouloir un retour d’un enseignement de la morale à l’École, Vincent Peillon est un des rares, depuis longtemps, à l’inscrire dans un renforcement de la laïcité.

Le rapport remis au ministre porte quelques axes forts. Ainsi, il précise que « la morale enseignée à l’École ne peut être qu’une morale laïque en ce qu’elle est non confessionnelle et une morale civique en ce qu’elle est en lien étroit avec les principes et les valeurs de la citoyenneté républicaine et démocratique ».

Un enseignement moral doit permettre de « renouer l’individu et le commun, de réarticuler le moral et le civique, la personne et le citoyen, de retrouver les conditions pour faire communauté ». Cela passe « par la remobilisation du principe de l’intérêt général ; par la formation du sujet moral, du jugement moral, de la personne morale ».
Il s’agit de participer à « une appropriation libre et éclairée par les élèves des valeurs qui fondent la République et la démocratie »
parmi lesquelles « la dignité, la liberté, l’égalité – notamment entre les filles et les garçons –, la solidarité, la laïcité, l’esprit de justice, le respect et l’absence de toute forme de discrimination ».

Aussi, « outre le développement de ces capacités de délibération et de discussion, l’enseignement doit former un sujet moral capable d’agir dans la relation à l’autre : il doit donc reposer sur la coopération, la prise de responsabilité, les pratiques participatives et valoriser l’engagement des élèves dans la communauté. »

Les rapporteurs distinguent les connaissances indispensables à une éducation à la citoyenneté. Ils affirment donc que « les valeurs doivent être transmises dans leur dimension intellectuelle (leur contenu), mais aussi pour ce qu’elles « valent » (leur raison d’être) et ce qu’elles induisent comme conduite et comme engagement ». L’enseignement laïque de la morale devrait donc être « articulé autour de deux grandes dimensions : une dimension d’enseignement proprement dite et une dimension « vie de la classe » et « vie scolaire » pour favoriser une culture de la responsabilité, de l’égalité, de la coopération, de la solidarité. »
Il doit donc s’appuyer sur une pédagogie qui fait appel « à la réflexion des élèves, mais pas seulement ; il doit permettre de mettre en acte les principes et les valeurs de la morale, d’orienter l’action. […] Il doit impliquer les élèves pour les amener à construire leur propre jugement et doit mettre en oeuvre des pratiques sociales qui permettent de construire la relation aux autres.». Enfin, « il doit privilégier le libre examen auquel les élèves seront progressivement exercés. Il doit permettre une progression dans l’acquisition des outils du langage par la lecture de textes, la présentation de dilemmes moraux, l’engagement dans un projet, etc. »
De l’ensemble de ses principes, le rapport fait des propositions de contenus, de démarche d’évaluation et insiste sur l’indispensable formation des enseignants et des personnels d’Éducation. Il revient, à présent, au ministre de dire ses choix et de confier au nouveau Conseil National des Programmes leur mise en musique.

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°8

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