Appel à la coéducation

Appel_de_Bobigny_et_textes_complementaires_Page_01Débuté à Rennes en 2009 puis finalisé en octobre 2010, sous le titre « Vers un grand projet national pour l’enfance et la jeunesse », l’appel dit de Bobigny invite à repenser l’Éducation comme une démarche globale et partagée.

L’UNSA Éducation en est signataire. Pas simplement parce qu’est ainsi regroupé l’ensemble des acteurs du monde éducatif (de l’École publique, de l’Éducation populaire et des collectivités territoriales…), mais parce que cette conception de la coéducation est au cœur de notre projet « Pour une société éducative ».

Les pistes de réflexion et les expériences sont nombreuses sur le sujet.

Elles s’appuient sur une double logique :
• les savoirs ne sont pas que des savoirs académiques,
• on n’apprend pas qu’à l’École.

La première de ces affirmations correspond à la diversité des apports, à la construction de curriculum et à la valorisation des compétences sur les connaissances.
En effet, si les savoirs fondamentaux demeurent des clés indispensables pour accéder aux autres acquisitions (prégnance de la nécessité de savoir lire et écrire, y compris dans l’usage de nombre de supports numériques par exemple), il faut aussi prendre en compte et valoriser les savoir-être et les savoir-faire ainsi que les nouveaux rapports aux savoirs générés, notamment par le numérique.

Ainsi, aux connaissances académiques s’ajoutent :
• la nécessité de savoir où les trouver,
• comment les trier,
• comment faire preuve d’esprit critique,
• savoir remonter aux sources,
• confronter des affirmations différentes, voire contradictoires.

Les compétences sociales sont aussi indispensables, afin de mieux vivre ensemble, de lutter contre toutes les formes de discriminations, de construire une société inclusive et de faire collectivement société.

La seconde affirmation conduit à « définir un projet éducatif global ambitieux pour l’enfance et la jeunesse sur tous les temps et les espaces éducatifs et sociaux, en articulant éducations formelle, informelle et non-formelle, dans un processus de formation tout au long de la vie s’appuyant sur une formation initiale solide », selon les termes de l’appel de Bobigny. Elle met en évidence le besoin d’une coopération éducative accrue de tous les acteurs, dont les parents et les enfants et les jeunes eux-mêmes. Elle nécessite de mobiliser toutes les ressources éducatives d’un territoire.
L’une des difficultés, mais aussi l’un des enjeux de cette démarche, consiste à articuler ce projet éducatif global avec des objectifs nationaux, les projets d’écoles et d’établissements scolaires, les projets éducatifs des structures associatives d’Éducation populaire, socioculturelles, culturelles et sportives, les projets éducatifs des territoires. Il ne s’agit, en effet, ni de réaliser une mosaïque de démarches éducatives sans cohérence entre elles, ni d’imposer un modèle unique déconnecté des réalités et des ressources locales.

La mise en synergie de ces deux idées s’appuie, nécessairement, sur la reconnaissance de l’autre comme coéducateur. Cela demande, au-delà d’une connaissance mutuelle, la construction d’une culture commune qui ne pourra être acquise que dans des temps de formation partagée. La loi de Refondation rend possible cette formation commune dans les Espé mais n’en fait pas une obligation.
De fait, la loi de Refondation de l’École de la République ne va pas, dans ce domaine, aussi loin que nous le souhaitions. Si elle rend possible la mise en oeuvre de projets éducatifs de territoires et valorise les complémentarités éducatives, elle n’en fait qu’un élément permettant de réaliser les objectifs de l’école de la réussite Ainsi – et cela est logique puisqu’elle n’a été portée que par le seul ministre de l’Éducation nationale- elle demeure très « scolaro- centrée » et ne permet pas une approche novatrice de la coéducation.
Des éléments importants ont, certes, été pris en compte dans la loi, il n’en demeure pas moins que la complémentarité éducative est encore loin d’être une réalité. Malgré ses lourdeurs, le terrain est souvent en avance sur les fonctionnements nationaux. La nécessité de se mettre autour d’une table et de travailler ensemble s’impose : « nécessité fait loi » selon le bon sens populaire !

L’absence révélatrice, au niveau gouvernemental, d’un pôle éducatif (alors qu’il faisait partie des propositions du candidat Hollande) continue à faire coexister des logiques d’appareils parallèles et parfois contradictoires ou concurrentielles entre les ministères. Il ne s’agit ni de jouer le rôle des « jamais contents » ni celui des « jusqu’au-boutistes ». Une analyse lucide de la situation, nous permet d’affirmer qu’un appel à la coéducation reste une nécessité d’actualité.

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°9

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