École rurale et diversité des territoires ruraux

medium_3399472670Les territoires ruraux constituent-ils un contexte de scolarisation particulier ?

Il est difficile de répondre de manière tranchée à cette question tant les territoires ruraux sont divers. En 1998, l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) et l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), pour tenir compte de la diversité des territoires ruraux, distinguaient dans l’espace à dominante rurale, quatre types d’espaces : le rural sous faible influence urbaine, les pôles ruraux, la périphérie des pôles ruraux et le rural isolé.

L’espace rural regroupait donc l’ensemble des petites unités urbaines et communes rurales n’appartenant pas à l’espace à dominante urbaine (pôles urbains, couronnes périurbaines et communes multipolarisées). Il représentait alors 70% de la superficie totale et les deux tiers des communes de la France métropolitaine. Mais cette définition n’est plus en vigueur dans le nouveau zonage en aires urbaines (octobre 2011).

Celui-ci se réfère à l’emploi et distingue désormais :

  • l’aire d’emploi de l’espace rural : un ensemble de communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle d’emploi de l’espace rural et de couronne (dénommée couronne d’un pôle d’emploi de l’espace rural). Cette dernière est formée de façon similaire à celle des couronnes périurbaines ;
  • les autres communes de l’espace rural : font partie de cette catégorie les communes (ou unités urbaines) n’appartenant ni à l’espace à dominante urbaine ni à une aire d’emploi de l’espace rural ;
  • la couronne d’un pôle d’emploi de l’espace rural : la couronne d’un pôle d’emploi de l’espace rural est composée des communes (ou unités urbaines) appartenant à cet espace à dominante rurale et dont 40 % ou plus des actifs résidents travaillent dans le reste de l’aire d’emploi de l’espace rural ;
  • le pôle d’emploi de l’espace rural : le pôle d’emploi de l’espace rural comprend les communes (ou unités urbaines) appartenant à cet espace à dominante rurale et comptant 1 500 emplois ou plus.

Le nouveau zonage en aires urbaines ne permet plus de différencier aussi clairement l’espace rural.

Dans ce cadre, la situation des écoles rurales n’est pas la même selon les territoires : l’école d’une commune de la périphérie rurale de l’Île-de-France fonctionne évidemment différemment de celle située au fin fond du Gard ou de l’Ariège.

Quelques dates

  • 1816 : l’État porte l’ambition d’une école par commune.
  • 1964 : une circulaire demande aux inspecteurs d’académie de « fermer les classes ou écoles dont l’effectif est inférieur à 16 élèves (…) pour des raisons pédagogiques évidentes (…) ».
  • Années 1970-80 : développement des Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI) sans qu’une législation régisse leur création ni leur fonctionnement. Les RPI reposent sur un accord contractuel entre communes. Les élèves sont regroupés soit par niveaux sur plusieurs sites (RPI dispersé) ou tous niveaux sur un même site (RPI concentré).
  • 1984 : une note de service définit les « Équipes mobiles d’animation et de liaison académique » (Emala) : dans le schéma le plus classique, un instituteur effectue des tournées avec un matériel audiovisuel et pédagogique dans les écoles isolées du secteur sur lequel il est affecté.
  • 1990-91 : le rapport Mauger, commandé par le ministère de l’Éducation nationale, condamne les écoles de moins de trois classes.
  • 1993 : un moratoire prévoit qu’une école ne pourra fermer sans l’accord du maire.
  • 1995 : les collectivités sont associées aux décisions de la carte scolaire du premier degré.
  • 1998 : publication du rapport de Jean-Claude Lebossé intitulé « Pour une nouvelle dynamique du système éducatif en zone rurale isolée ». Pour la première fois, la réflexion sur l’école est couplée à celle de l’aménagement du territoire. Une circulaire acte cette réflexion instituant les réseaux ruraux d’Éducation (RRE).
  • 1999 : fin du moratoire sur la fermeture des classes.

Quelques chiffres

En 2011/2012, la France comptait 53 418 écoles dont 48139 dans le public et 5 279 dans le privé.

Dans le public, on dénombrait :
– 15 686 écoles maternelles
– 32 453 écoles élémentaires dont 3 547 à classe unique

Dans le privé, on dénombrait :
– 129 écoles maternelles
– 5 150 écoles élémentaires dont 127 à classe unique

Dans le public, la répartition du nombre d’écoles en France (y compris DOM) selon le nombre de classes était la suivante en 2011/2012

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Il y Il y avait 11 350 écoles élémentaires de 3 classes « au plus », dont 3 547 écoles élémentaires à classe unique,4 266 écoles élémentaires de 2 classes et 3 537 écoles élémentaires de 3 classes.

En 2011/2012, dans le public, toutes écoles confondues (écoles primaires + écoles élémentaires spécifiques + écoles maternelles) :
– les écoles de 1 à 2 classes représentaient 22,8% des écoles (13,3% dans le privé) ;
– les écoles de 3 à 4 classes représentaient 41,5% des écoles (34,1% dans le privé).

Évolution du nombre de classes selon le type d’écoles entre 1980 et 2011

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Le nombre d’écoles à classe unique dans le public et le privé est passé de 11 796 en 1980 à 3 674 en 2011.

Crédit photo : Jean-Marie HUET via photopin cc

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°10

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