Au nom de tous les siens ?

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Notre système de démocratie représentative s’applique également aux enfants et aux jeunes. Ils sont ainsi appelés à représenter leurs camarades dans des instances de décision, en particulier au sein des établissements scolaires. Véritable exercice de leur citoyenneté ou apprentissage pour de futures responsabilités en dimensions réelles ? Actions collectives ou bénéfices individuels ? Des questions se posent sur ces démarches d’implication au nom de  ses semblables.

Dans les établissements scolaires

Au collège et au lycée, deux délégués des élèves sont élus dans chaque classe au début de l’année scolaire. Le site de l’Éducation nationale précise qu’ « ils sont les porte-paroles de tous les élèves auprès des enseignants et des autres adultes de l’établissement. Ils représentent les élèves de leur classe, sont des médiateurs entre leurs camarades et les autres membres de la communauté éducative : personnels de direction, personnels enseignant et non-enseignant et parents d’élèves. Les deux délégués participent au conseil de classe, qui, chaque trimestre, se prononce sur la vie de la classe et le déroulement de la scolarité de chaque élève.

Au conseil d’administration, des élus parmi les délégués (3 au collège, 4 au lycée) rapportent les avis et les propositions des autres élèves sur le fonctionnement de l’établissement.

Dans les lycées, tous les délégués des élèves se réunissent au moins deux fois par an dans le cadre de l’assemblée générale des délégués des élèves. Cette assemblée consultative permet d’informer les délégués et d’organiser des échanges entre eux. »

Au lycée, il existe également un conseil de la vie lycéenne (CVL). « Lieu privilégié d’échanges entre lycéens et adultes », il « émet des propositions sur la vie quotidienne de l’établissement. Les délégués y expriment les idées, les attentes et les préoccupations de tous les élèves.

Le CVL est composé de 10 élus lycéens, de 10 personnels du lycée et de parents d’élèves.

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Le chef d’établissement préside le CVL.

Le vice-président est un élève élu, désigné pour l’année scolaire.

Les lycéens élus peuvent faire des propositions sur tous les sujets de la vie quotidienne.

Le CVL donne un avis sur :

  • les grands principes de l’organisation des études,
  • l’accompagnement personnalisé,
  • l’organisation du temps scolaire,
  • l’élaboration du projet d’établissement et du règlement intérieur,
  • les questions de restauration et d’internat,
  • l’information sur l’orientation,
  • l’organisation d’activités sportives, culturelles et périscolaires,
  • les échanges linguistiques,
  • la santé, l’hygiène et la sécurité, etc.

Dans chaque académie, il existe également un conseil académique de la vie lycéenne (CAVL). Il compte 20 élus lycéens issus des CVL. Il est présidé par le recteur. Il formule des avis sur la vie dans les lycées de l’académie et sur le travail scolaire.

Au niveau national : le conseil national de la vie lycéenne (CNVL) compte 33 élus lycéens issus des CAVL. Présidé par le ministre de l’Éducation nationale, il est informé des grandes orientations de la politique éducative et donne son avis sur les questions relatives au travail scolaire, la vie matérielle, sociale, sportive et culturelle dans les lycées. Source

Parmi les difficultés que rencontrent les délégués-élèves, il y a la double ambiguïté de n’être pas toujours reconnus et entendus des adultes qui demeurent les décideurs et de ne pas avoir forcément la confiance de ses pairs. L’accompagnement et la formation sont des leviers indispensables pour qu’ils puissent réellement jouer leur rôle, de représentants et de médiateurs.

Il existe un site Délégués.net, portail des délégués de classe, qui est un espace d’informations, de conseils et d’échanges pour tous les acteurs de la citoyenneté à l’École et avant tout un espace d’expression pour tous. Mais cela se passe en Belgique !

En dehors de l’École

De nombreuses communes, quelques conseils généraux et conseils régionaux, ont mis en place des conseils d’enfants ou de jeunes. Ce sont des instances consultatives, placées auprès des élus adultes pour faire des propositions et donner leur avis sur les décisions qui les concernent directement dans leurs lieux de vie.

L’ANACEJ, Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes, la présente ainsi : « Les dispositifs de participation à la vie locale pour les enfants et les jeunes, tels que les conseils, sont toujours plus nombreux. Ils s’inscrivent dans une dynamique de démocratie locale et représentent une chance pour la collectivité toute entière. ». Elle précise que les conseils « créés librement par les collectivités locales : communes, départements, régions et intercommunalités, (…) permettent l’amélioration du territoire par les propositions et les actions des jeunes et la coconstruction des politiques publiques territoriales avec les jeunes qui s’exercent à la citoyenneté et participent au développement de la démocratie locale. »

Selon l’ANACEJ, les conseils étaient 200 en 1990, « quand la France ratifie la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, adoptée l’année précédente par l’Assemblée générale des Nations Unies. Deux ans plus tard, en 1992, leur nombre a doublé. Aujourd’hui, ils sont plus de 2 500. »

Ici encore s’opposent deux conceptions :

  • une première qui oriente les conseils vers la réalisation de projets concrets en y voyant des vertus pédagogiques. Il s’agit d’un apprentissage, une initiation, comme le moment fort de l’élection. Plus prosaïquement, cela sert aussi à conserver la motivation des enfants qui, sans cela, déclinerait très vite…
  • Une seconde, selon laquelle le projet sert à impliquer les enfants dans les processus de décision et doit résoudre des problèmes réels dans la commune.

Mais, comme le constate Michel Koebel : « Ces conseils sont-ils le signe de la promotion d’une nouvelle citoyenneté politique avant la majorité légale ? Assistons-nous à un changement de mentalité de la part de certains élus ? Au-delà des discours, rares sont les promoteurs de conseils d’enfants qui considèrent les enfants comme de véritables et authentiques citoyens. La plupart considère surtout qu’ils sont finalement là pour apprendre » et donc bénéficie essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, aux seuls enfants et jeunes qui en font partie.

Crédit photo : Theresa Thompson

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°13

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