Tous ensemble, tous…

15167193342_cfc2032d8e_zÀ côté des instances représentatives dans lesquelles des enfants et des jeunes sont invités à être élus et à siéger, il existe d’autres formes de participations citoyennes proposées aux plus jeunes.

Quelques exemples de démarches collectives et citoyennes :

Des « cafés politiques » pour les jeunes d’Évry

Partant du constat que les jeunes ne sont pas suffisamment impliqués dans la vie politique et dans l’esprit d’accueillir un public très mixte (étudiants, jeunes en recherche d’emplois, lycéens… débattant ensemble), le Conseil de Jeunes d’Évry a créé « les cafés politiques » : espaces d’échanges et de réflexion et accessibles à tous les jeunes. Ouverts à tous, ces évènements sont organisés par la commission politique du Conseil de Jeunes, qui est à l’origine du projet, choisit les thématiques, recherche les intervenants et anime les débats.

Après « Les études…  ça marche encore ? » et « L’avenir des jeunes est-il à l’étranger ? », le dernier rendez-vous en date (vendredi 9 mai) était consacré, élections européennes obligent, à la place des jeunes en Europe.

L’ANACEJ propose sur son site une présentation détaillée de ce projet.

La pédagogie de la liberté à la maison de Courcelles

C’est un projet qui débute au cours des années 80, avec une volonté de rompre avec le modèle traditionnel des colonies de vacances. Ici, ce n’est plus l’adulte qui décide pour l’enfant d’une organisation, mais l’adulte s’organise pour que l’enfant décide de ce qu’il fait, tant sur le fond (choix de l’activité ou d’un moment de la vie quotidienne…) que sur la forme (le moment, le choix des pairs…). Il s’agit de permettre aux enfants de vivre leurs vacances à leur rythme et entourés des personnes qu’ils souhaitent. Ainsi se développent leur autonomie mais aussi le respect des autres, dans un collectif découlant naturellement du cadre proposé et non imposé par l’adulte. Se développe aussi le sens des responsabilités car chaque fois que l’enfant décide de quelque chose, il en accepte en même temps les contraintes et les avantages ; c’est cette succession d’expériences qui lui permet simplement de grandir. Ce projet, centré sur l’enfant et l’expérience de la liberté, s’accompagne d’une autre expérience tout aussi fondamentale : celle de la prise de décisions pour soi dans un contexte collectif.

Aujourd’hui, cette expérience est également proposée à des groupes d’adolescents.

La maison de Courcelles a fait l’objet d’une étude consultable dans le Cahier de l’action n°15 de l’INJEP, « Enfants à la colo : Courcelles, une pédagogie de la liberté », sous la direction de JM Bataille (sept. 2007)

 

La pédagogie coopérative à l’École

Dans son ouvrage « Apprendre avec les pédagogies coopératives. Démarches et outils pour l’école » (Paris, ESF éditeur, collection pédagogies, 2009), Sylvain Connac montre, comme l’analyse Richard Étienne, (professeur de sciences de l’éducation à l’université Montpellier III) pour les Cahiers pédagogiques), que « de nouvelles institutions comme la « discussion à visée philosophique » ou la prévention des violences par les « messages clairs » ou par les « enfants médiateurs » établissent que la coopération n’est pas un corps de doctrine figé. Au contraire, elle cherche et réussit à répondre aux défis contemporains de la crise de sens de l’école ». Il ne s’agit pas de décrire de manière angélique les outils des pédagogies Freinet et institutionnelle. En effet, l’auteur insiste sur le fait qu’il s’agit d’outils et de techniques et qu’elles ne prennent sens que par l’intention, la visée de l’enseignant ou des enseignants de permettre aux élèves de devenir les acteurs principaux des apprentissages. Le choix se fait donc davantage dans la personnalisation que dans  l’individualisation, c’est-à-dire dans une démarche où l’autonomie est combinée avec des situations en interactions ou en interrelations. L’École devient alors un lieu d’apprentissage social conjugué avec un travail sur projet personnel. Une manière d’appréhender et de construire sa citoyenneté individuelle et collective.

 

Morale laïque et citoyenne

Bien davantage qu’un enseignement théorique, même si elle nécessite des contenus, l’éducation à la morale laïque se doit d’être un espace de réalisation de projets, de débats et de construction.

C’est dans ce sens qu’elle ne peut être confiée à un seul enseignant, mais doit concerner  tous les personnels éducatifs (Conseillers principaux d’éducation, personnels administratifs, de direction, d’inspection, sociaux et de santé) et s’appuyer sur des apports extérieurs (associations, collectivités…).

Elle interroge également la manière dont les élèves peuvent eux-mêmes être collectivement associés davantage à la vie des établissements scolaires et à l’origine d’initiatives améliorant les conditions de fonctionnement et d’études.

Il est encore trop tôt pour réaliser un bilan de ce que ce nouvel enseignement peut produire. Il sera à mener dans la durée. D’ores et déjà « Questions d’Éduc » n° 8 avait proposé des pistes de réalisation et des exemples de démarches qui l’anticipaient et concourent à une éducation à la citoyenneté de tous au-delà des seules instances représentatives.

Crédit photo : Marina del Castell

Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°13

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