L’absence d’une éducation politique

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Comme le montre Franck Lepage dans sa conférence gesticulée intitulée « L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu… », la grande absente de notre système d’éducation est une éducation politique.

Non pas une éducation partisane et politicienne qui peut relever de la responsabilité directe des partis politiques et que certains mènent d’ailleurs de manière plus ou moins structurée, mais une éducation « au politique », « à la chose publique », c’est-à-dire à l’art de gérer, de faire fonctionner, d’orienter nos villes, nos régions, notre pays, notre Europe…

L’École, dans sa neutralité, s’est longtemps protégée d’un tel contenu d’enseignement, lui préférant une  morale, souvent normative ou une instruction civique désincarnée, donnant des connaissances sans grands liens avec une réalité concrète pour les élèves. La sanctuarisation des établissements scolaires, en a même fait des lieux souvent en dehors du fonctionnement du reste de la société : les règles, la place, les responsabilités des adultes et des élèves (même lorsqu’ils sont d’ailleurs majeurs) sont très distinctes et l’on ne peut pas dire -même s’il y a progrès et, ici ou là, des expérimentations innovantes,- qu’une véritable démocratie s’applique dans les écoles, collèges ou lycées…

Les structures d’éducation populaire ne jouent, dans ce domaine, pas ou trop peu leur rôle. Là encore, par crainte de tomber dans l’accusation de démarches orientées, par faute de formation des animateurs ou par peur de représailles financières de la part des élus, elles n’osent pas proposer de véritables démarches d’éducation politique.

Combien de Maisons des jeunes et de la culture (MJC) mènent avec des jeunes une analyse du contenu du journal télévisé ? Dans quels foyers socioculturels étudie-t-on le budget municipal et les choix alternatifs de décision qui étaient possibles ? Apprend-on à prendre la parole en public, à argumenter, à débattre, à négocier ? Propose-t-on dans ces mêmes structures, et dès le plus jeune âge, un véritable fonctionnement démocratique ? Le centre de loisirs est-il un espace d’exercice de citoyenneté pour tous les enfants qui le fréquentent ?

Autant de questions aux réponses trop souvent négatives qui mettent en évidence ce déficit d’éducation politique, pour les enfants et les jeunes, donc pour les adultes de demain…

Il reste encore bien du chemin pour que « devenir citoyen » ne soit pas qu’une formule.   

Pour aller plus loin…

Plusieurs revues, documents, expositions ou sites s’adressent directement aux jeunes avec cette thématique, comme :

D’autres ouvrages proposent une analyse du thème de la formation du citoyen et particulièrement du jeune citoyen.

Des structures et organismes travaillent à la formation et à la réflexion de la citoyenneté des enfants et des jeunes, parmi elles, bien entendu les associations d’éducation populaire, dont:

  • L’ANACEJ (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes)
  • Les AROEVEN, dont la première mission est l’éducation à la citoyenneté et qui propose de nombreuses formations de délégués élèves

 Vous pouvez télécharger le dossier complet en format pdf ici : «Questions d’Éduc» n°13

Crédit photo: Centre d’Action Laïque de la Province de Liège via photopin cc

 

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