Prix Nobel de l’Éducation et de la Paix

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Il y a ceux qui rêvent d’ajouter à la liste des Nobel, un prix pour l’Éducation. Certains pour des raisons louables et désintéressées et d’autres –qui comme Ben Nelson, le fondateur du Prix Minerva, ne s’en cachent pas­ avec l’intention de bousculer l’ordre établi dans la hiérarchie des universités mondiales. Et puis, il y a parfois des prix Nobel qui –au-travers de leurs lauréats- disent toute l’importance de l’Éducation pour l’émancipation et la paix.

C’est vraisemblablement le cas cette année avec le double prix Nobel de la Paix attribué conjointement, le 10 octobre dernier, à Kailash Satyarthi et Malala Yousafzaï «pour leur lutte contre la répression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation

Irina Bokova, la Directrice générale de l’UNESCO, ne s’y est pas trompée en déclarant que « l’attribution du prix Nobel de la paix à ces deux ardents défenseurs de l’éducation est un message retentissant sur l’importance de l’éducation pour la construction de la paix durable à travers le monde », ajoutant que « l’éducation est une force pour l’enseignement du respect et de la tolérance, pour la compréhension mutuelle et le dialogue, aussi bien que pour l’éradication de la pauvreté ».

Cette reconnaissance des enjeux de l’éducation est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel mondial que les attaques contre les écoles et tout particulièrement contre la scolarisation des filles se multiplient à travers le monde, alors qu’environ 58 millions d’enfants ne sont pas scolarisés, parmi lesquels la moitié sont des filles – et qu’environ le même nombre d’enfants n’atteignent pas l’enseignement secondaire.

Mais c’est surtout contre le développement des extrémismes, des intolérances, des obscurantismes que l’éducation doit être brandie comme un rempart, un remède, une libération.

« Prenons nos cahiers et nos crayons. Ce sont nos armes les plus puissantes », avait revendiqué Malala Yousafzaï lors de son intervention aux Nations unies en juin 2013.

Comme en écho, Kailash Satyarthi déplore, dans une déclaration récente, que « le monde a été capable de produire plus de fusils, d’armes et de balles que de livres et de jouets dont ont besoin les enfants« , et rappelle qu’il y aurait « besoin de près de 18 milliards de dollars de plus pour scolariser tous les enfants du monde. Cela représente moins de trois jours de dépenses militaires. »

Dans son sketch « les rois des fous », l’humoriste Roland Magdane comparait en 1981 le monde à un « grand hôpital psychiatrique » dans lequel les rois de chaque pays jouent à la guerre. « Et puis, écrivait-il, de temps en temps il arrive un docteur qui veut soigner les fous. On l’appelle Prix Nobel de la Paix. On lui met une grosse médaille sur le cœur qui brille au soleil, pour qu’on voit bien l’endroit où il faut [tirer pour le tuer. Et la vie continue. »

Les deux lauréats du Nobel de la Paix 2014 n’auront pas attendu d’être distingués pour connaître combien leur combat peut susciter des oppositions et des violences. C’est pourtant par la promotion de l’instruction qu’ils ont décidé de répondre et de combattre contre la haine et pour obliger « les fous à ranger leurs jouets, leurs avions, leurs chars et leurs canons. »

Ainsi, en faisant ce pari de l’Éducation contre tous les fanatismes, ils espèrent, sans doute, –comme nous- qu’un jour –souhaitons-le proche-, nous pourrons « enfin nous promener en paix sur les jardins de la terre qui sont si jolis quand on y fait pas la guerre… »

Denis Adam le 22 octobre 2014

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