Des vœux tardifs pour l’ESR

La période des vœux est officiellement terminée. Le gouvernement a choisi de la terminer, le 31 janvier, par ceux présentés à la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Cette cérémonie célébrant les talents de l’ESR français dans le lieu symbolique « de la recherche et de la résistance » (comme l’a souligné le secrétaire d’Etat à l’ESR Thierry Mandon) avait été précédée plus tôt dans la journée par la remise par Bertrand Monthubert aux ministres (Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon) du « Livre blanc de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

Ce rapport a pour objectif global de positionner l’enseignement supérieur et la recherche « au cœur des politiques publiques, et ce dans un temps long« . Il définit la stratégie de la France dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, précise les mesures déjà mises en œuvre et les moyens nécessaires. Et ceux-ci sont particulièrement indispensables pour conduire une politique ambitieuse.

Prévu par la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche de juillet 2013, ce livre blanc s’appuie en fait sur les différentes stratégies nationales élaborées entre 2013 et 2016, parmi lesquelles la Stranes (Stratégie nationale de l’enseignement supérieur) et la SNR (Stratégie nationale de la recherche) pour dresser une programmation des moyens à allouer à ces deux secteurs sur la période 2017-2020 (hors dispositifs fiscaux).

Et des moyens, en effet, il en faudra pour atteindre les objectifs de 2 % du PIB (produit intérieur brut) dédiés à l’enseignement supérieur et de 3 % du PIB à la recherche. Pour cela, l’État devrait augmenter ses dépenses de 10 milliards d’euros en dix ans, soit un milliard par an.

On peut décliner cette somme en quelques chiffres pour la période 2017-2020 :

  • 1,5 à 3 milliards d’euros supplémentaires pour l’enseignement supérieur, en tenant compte des 335.000 à 735.000 étudiants supplémentaires attendus d’ici 2024.
  • 840 millions d’euros pour la recherche.
  • 820 millions d’euros supplémentaires dédiés à l’amélioration de l’attractivité des carrières.
  • 300 millions d’euros par an consacrés à l’immobilier.
  • 130 millions d’euros supplémentaires par an consacrés à la politique de site.
  • 30 millions d’euros par an dédiés au développement du numérique.

Selon les auteurs du livre blanc, un tel investissement produirait :

  • Un gain de 10 points de PIB (soit 220 milliards d’euros) à long terme, si les dépenses en matière d’enseignement supérieur et de recherche atteignaient respectivement 2 % et 3 % du PIB.

  • La création de 400.000 emplois à l’horizon 2020.

On ne peut que soutenir une telle ambition. Et saluer la volonté affichée que dès 2017 une augmentation de 850 M€ de crédits budgétaires soit réalisée à condition qu’elle ne subisse pas de gel ou de coupure lors d’un prochain collectif budgétaire.

Plus globalement, le choix de faire une priorité de la recherche, du développement et de l’enseignement supérieur, en visant, d’ici 10 ans, 60% de la population diplômés de l’enseignement supérieur va dans le bon sens. Valoriser et soutenir l’excellence de la recherche française est positif.

Le faire en reconnaissant l’ensemble des personnels qui font vivre l’ESR est encore mieux.

Le faire en luttant contre les échecs massifs des étudiants en premières années de licence est indispensable.

Le faire dans des universités à la gouvernance rénovée et démocratisée est essentiel.

On ne peut que regretter que ce ne soit seulement maintenant, alors que le quinquennat se termine que de telles orientations s’imposent. Nous aurions tant souhaité qu’elles président à la loi Fioraso de 2013 et viennent « réparer les égarements » de la loi LRU conduite par Valérie Pécresse dans le gouvernement de François Fillon.

Aujourd’hui s’affiche enfin une ambition pour une politique de recherche et d’enseignement supérieur d’avenir.

Mais comme ces vœux pour l’ESR sont tardifs !

Denis Adam, le 01 février 2017

 

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