Stéréotypes, racisme et diversité.

Elles sont seize femmes, elles sont noires, elles sont actrices, comédiennes, réalisatrices. Elles savent écrire aussi, et elles le prouvent dans ce livre collectif « Noire n’est pas mon métier ». Elles alertent sur les stéréotypes et préjugés dont elles sont la cible. Les rôles qui leur sont proposés sont des rôles de femme de ménage, de prostituées, de mères célibataires dans une vilaine banlieue, et le prénom du personnage est trop souvent Fatou. Racisme ordinaire en France en 2018, « inconscient souvent, chez des personnes bien-pensantes qui banalisent des propos illicites », comme par exemple : « Vous parlez africain ? » ou « pour une Noire vous êtes intelligente, vous auriez mérité d’être blanche ! »

Et pourtant, elles sont artistes, ont étudié comme les autres, les classiques de la littérature et du théâtre. Elles revendiquent d’être des actrices banales, incarner toutes sortes de personnages sans faire mention de la couleur de peau. Pourquoi au cinéma, au théâtre, à la télé, une avocate ou un médecin ne pourrait pas comme dans la vraie vie être une femme noire ? L’imaginaire des auteurs, des réalisateurs, des metteurs en scène est-il si bridé pour en être resté à la représentation de la femme exotique du temps des colonies ?

Elles ont écrit ce livre dans un but d’éducation, c’est une façon de faire réfléchir le monde de la culture qui se targue d’être ouvert, qui prône la liberté d’expression mais est encore trop souvent enfermé dans des stéréotypes. Mais aussi faire réfléchir tout citoyen sur la représentation de la population française, sur l’image qui en est donnée. Alors que les enfants vivent ensemble dans les écoles, quelques soient leurs couleurs de peau, lorsqu’ils ouvrent leur télé ou vont au cinéma, ils ne retrouvent pas cette mixité. « Comment nos enfants pourront-ils se construire s’ils ne se voient nulle part ? » se demande  l’une des auteures. Effectivement, c’est une question cruciale, comment se projeter en adulte dans la société si l’image véhiculée par le cinéma, la publicité, ne donne à voir que des adultes en réussite, blancs et blonds ! Voilà bien une question d’éducation, que notre projet syndical pour une société solidaire et éducative prend en compte.

« Je voudrais qu’aujourd’hui, le cinéma français soit plus divers et ressemble enfin à l’école primaire de mon enfance. » Eye Haïdara, actrice.

Noire n’est pas mon métier, éditions Seuil, Mai 2018

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