“C’était mieux avant” ou comment baisser les bras ni vu ni connu !  

Tout le monde le sait, c’est une évidence, avant tout était mieux, plus sérieux, plus exigeant ; les enfants et les jeunes étaient bien plus respectueux, plus assidus, plus travailleurs… ben oui, on le sait bien car ces jeunes c’était… nous !

Heu… sauf à avoir des problèmes de mémoire, un petit travail d’introspection devrait faire remonter à la surface que :

  • peut-être que l’on n’osait pas répondre à nos professeurs mais qu’on n’en pensait pas moins du mal de certains
  • le goût de lire (des livres des vrais, pas des textes sur écrans !) nous avait plus ou moins quitté au collège et au lycée avant de revenir plus tard
  • faire nos devoirs n’était pas une passion et que tout ce qui pouvait nous faire gagner du temps était bienvenu même recopier le travail d’un camarade ou un paragraphe de l’encyclopédie familiale (avec quelques modifications bien sûr)
  • l’on n’a jamais porté d’uniforme, peut-être un tablier à l’école primaire
  • la violence sous toutes ses formes était bien présente à l’école mais qu’on n’en parlait encore moins que maintenant  
  • les élèves en difficulté étaient bien souvent relégués au fond de la classe et que le prof ne s’occupait d’eux que s’ils s’agitaient trop

Bien sûr chacun a son contexte et ses propres souvenirs mais comment peut-on croire que ce qui n’a pas existé auparavant ou qui n’a jamais fait la preuve de son efficacité va être une solution adaptée aux défis d’aujourd’hui ?

Quand la démagogie de nos politiques propose des solutions simples aux problèmes complexes, nous sommes tous complices si nous n’essayons pas de démonter cette fausse évidence du “c’était mieux avant”.

Le “c’était mieux avant” évite de se fatiguer à chercher de nouvelles solutions, de mettre des moyens, de se mouiller politiquement… c’est une solution (apparente seulement) de facilité, une vraie baisse des exigences… et le pire c’est que ça marche !

Stéphanie de Vanssay, le mercredi 14 novembre 2018

Crédit photo : Clarisse Meyer

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2 réflexions sur ““C’était mieux avant” ou comment baisser les bras ni vu ni connu !  

  1. Tout à fait. Pour les élèves en difficulté décrits dans ton article, on les disait « turbulents », maintenant on dit : élèves avec Troubles de l’Attention avec (ou sans, parfois) Hyperactivité (TDA/H). L’éducation inclusive (voir Question d’Educ N° 33) fait son chemin, mais je doute que tous les collègues en soient réellement informés (de l’inclusion scolaire, et des TDA/H), malgré les circulaires ministérielles, et que les élèves soient plutôt « réorientés » vers d’autres structures, malgré les réserves des psychologues scolaires. Ca dérangeait avant, ça dérange toujours maintenant. Au Moyen Age et jusqu’au XIX° in traitait la différence par l’enfermement. Avons-nous évolué, si on avance que c’était mieux avant ?

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