Apprendre de PISA, TIMSS, PIRLS

À quoi servent les comparaisons internationales ? Peut-on comparer ce qui est si différent ? Être comparé à d’autres peut-il aider un système à progresser ?

 Ces comparaisons sont-elles des outils ? des indicateurs ? des leurres ?

 S’il est quasiment impossible d’identifier les facteurs provoquant tel point fort ou telle lacune, ces comparaisons permettent de les rendre visibles et de s’en préoccuper… ou pas !

 

Les différences de contexte, de culture sont importantes, multiples… chacun interprète et utilise les résultats avec son prisme pour soutenir ses propres préconisations.

Certains pays s’emparent de leurs résultats pour révolutionner leur système éducatif (le fameux “choc PISA”) quand d’autres relativisent, remettent en cause la pertinence de l’étude ou se contentent de se lamenter sur “le niveau qui baisse encore” allant jusqu’à passer sous silence les “bonnes nouvelles”. La France a tendance à tenir en même temps les deux dernières postures : celles qui consistent à relativiser la pertinence de la comparaison tout en déplorant uniquement tout ce qui va forcément de plus en plus mal…

Par exemple, dans la dernière évaluation PIRLS qui concerne les compétences de lecture, Roland Goigoux pointe que les élèves français déchiffrent bien mais comprennent mal, notamment l’implicite et les textes informatifs. Qu’avons-nous lu dans la presse ? Que le niveau baisse en lecture, qu’il faudrait “revenir à la syllabique”… mais pas que les élèves français sont en moyenne plus jeunes que les élèves testés dans les autres pays (apprend-on à lire trop tôt en France ?) ou que la proportion d’élèves en grande difficulté a baissé de 4 points entre 2003 et 2015.

Au-delà du faible niveau de la France qui ne fait que baisser, les comparaisons internationales nous apprennent que les élèves français :

  • ont beaucoup de mal à utiliser ce qu’ils connaissent et savent faire pour répondre à une situation complexe présentée différemment d’un exercice “scolaire;
  • sont les champions de la non-réponse, ils préfèrent ne rien écrire plutôt que de prendre le risque de se tromper ou de produire une réponse incomplète ;
  • bénéficient d’un temps d’apprentissage plus long que la moyenne des autres pays réparti sur beaucoup moins de journées de classe.

 

Ce sont donc des choix de société et des aspects d’une culture très “scolaire” qui sont interrogés bien au-delà d’une simple question d’efficacité des méthodes pédagogiques. Nous pouvons, concernant la France en tout cas, constater que les comparaisons semblent davantage nous décourager que nous motiver à progresser.

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