Apprendre à perdre

Celui qui est vraiment contrarié
« Alex vient de perdre la partie, ne va pas lui parler, il envoie balader tout le monde ». Alex y pense encore toute la nuit : « Ah, j’ai été nul, si seulement j’avais joué ce pion-là… ».
Lui dire de ne pas se mettre dans un état pareil, que ce n’est qu’un jeu et n’a pas d’importance ne l’aidera pas. Il aura l’impression que l’on ne respecte pas sa déception et n’en sera que plus contrarié. Car il a investi beaucoup d’énergie et d’affect sur la partie.

La mauvaise foi peut s’ajouter à la contrariété : « Il a gagné parce qu’il a eu de la chance ! ». C’est peut-être parfois vrai, mais s’en tenir à cette analyse empêche de prendre conscience de ses erreurs.
Alors comment se comporter vis-à-vis d’un mauvais perdant ? Si l’on peut comprendre la déception face à la défaite, il n’est en revanche pas acceptable de tolérer des crises de rage et autres émotions excessives. On peut tout simplement refuser de jouer avec eux si la dernière partie s’est vraiment mal terminée.

 L’auto-destructeur
« Je suis vraiment un imbécile, je ne sais même pas pourquoi je joue aux échecs. De toute façon c’est le dernier tournoi que je fais, je suis incapable de gagner. »
Si être contrarié est une réaction saine, certains tombent dans la démesure. C’est l’ego qui est touché quand ils gagnent et quand ils perdent. Et au lieu de transformer la déception en énergie et en désir de vaincre, ils ruminent leur défaite en se dévalorisant, entretenant l’idée que le gagnant est supérieur et le perdant inférieur.

Et quand on gagne ?
Pour autant, être bon gagnant est-il pour autant toujours évident ? Les réactions face à la victoire sont là aussi révélatrices. Certains vont avoir la victoire modeste, quand d’autres ne pourront s’empêcher de se moquer ou dénigrer l’adversaire.
Alors comment trouver l’équilibre entre esprit de compétition et gestion de la défaite pour conserver le plaisir de jouer ?
Tout dépend du contexte : entre un jeu de société en famille et les jeux olympiques, l’objectif et le degré d’implication ne sont pas les mêmes. Le plaisir de jouer, un moment de détente et de sociabilité sont recherchés dans le premier cas. Le résultat est essentiel dans l’autre.
Quoiqu’il en soit, la réussite n’est pas permanente et les défaites sont l’occasion de réessayer pour mieux faire. Elles amènent à la persévérance. Ce n’est pas parce qu’un objectif n’est pas atteint la première fois qu’il est inatteignable. Alors vous referez bien une petite partie ?
« Un de ces dimanches tu vas gagner ou perdre, peu importe. La vraie question est… Sauras-tu gagner ou perdre comme un homme ».

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