QCM : contre les préjugés multiples

Les questionnaires à choix multiples se sont généralisés dans certaines filières universitaires pour répondre au traitement de grandes cohortes d’étudiants. Pour autant, les QCM y sont l’objet de critiques fondées. Au collège, au lycée, cet outil est encore regardé avec une certaine réticence alors que nombre d’experts y voient des aspects positifs.

Évaluation d’un outil à double tranchant

Proposition :
Un QCM permet
(1) un large choix de possibilités,
(2) d’exercer son esprit d’analyse,
(3) la production écrite,
(4) d’exercer sa mémoire.

Que répondez-vous ?

La lecture de l’abondante littérature sur le sujet des avantages et des inconvénients d’un QCM, est très certainement la réponse (4). Les spécialistes du QCM sont unanimes ; si l’on veut seulement évaluer l’apprentissage des connaissances, rien ne vaut un questionnaire à réponses simples, précises, bien ciblées auxquelles ne peut répondre correctement qu’un élève ayant appris ses cours « à fond » et exercé sa mémoire à ne rien lâcher.
EN REVANCHE, si les items (2) et (3) ne conviennent pas, c’est bien parce que le QCM n’est assurément pas l’outil idoine pour les exercices de style et d’expression.

Un outil complémentaire

Oui, le QCM c’est bien à condition de ne pas en abuser, de l’utiliser à bon escient comme un outil de diagnostic des positionnements des élèves : c’est le constat qui ressort de toutes les études qui ont cherché à comprendre l’engouement ou le rejet pour ce type de « test » plutôt en vogue dans les pays anglo-saxons.

Le bon usage du QCM n’est donc pas de chercher à évaluer le savoir, synthétiser, rédiger, inventer – rappelons-le, il s’agit le plus souvent de choisir la bonne réponse parmi trois réponses possibles – mais de s’assurer, pendant le processus d’apprentissage, que les élèves ne sont pas passés à côté de la compréhension globale du cours, qu’ils en ont saisi les fondamentaux.

D’où, pour l’enseignant, un travail préparatoire du QCM qui exige qu’on réfléchisse de manière approfondie aux questions à poser, à leur formulation, à leur recoupement entre elles.

Certes, dans un QCM, un élève peut trouver la bonne réponse « au pif » ; mais cela reste limité à une ou deux questions, indiquent les spécialistes. Au terme d’un questionnaire complet, l’enseignant peut évaluer sérieusement si l’élève sait ou non. Si ce QCM est bien conçu, il peut aussi faire prendre conscience à l’élève qu’il ne maîtrise pas certains points et l’engager de par lui-même à en reprendre l’étude.
Une étude américaine montre enfin qu’il y a corrélation chez un même élève entre les scores des QCM et ses résultats de réussite universitaire générale, mettant un peu plus à mal l’idée que le QCM serait un instrument qui valorise d’abord des élèves
chanceux.

Vous pouvez vous abonner au QDE 39 « Kévaluthon ? », c’est gratuit, ici.

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