Orientation des élèves : des inégalités persistantes pour les filles, les élèves issus de milieux défavorisés et des zones rurales

Des inégalités demeurent en matière d’orientation des élèves. Pour l’Unsa Éducation, il est urgent de lutter contre ces inégalités. Nous portons un projet éducatif qui s’oppose au déterminisme social, et défend l’égalité filles-garçons. L’École n’est pas responsable de tous les maux, cependant elle est au cœur des évolutions et doit être un vecteur de changement. Nous revendiquons les mêmes chances de réussite et de perspectives d’orientation, quelles que soient les origines sociales ou géographiques et indépendamment du sexe.

 

Des inégalités sociales qui influent encore sur l’orientation des élèves

De nombreux élèves français, en particulier ceux issus de milieu défavorisé, ont des ambitions moins élevées que ce à quoi on pourrait s’attendre compte tenu de leurs
résultats scolaires.

Les résultats de la dernière enquête PISA montrent que :
– en France, un élève défavorisé sur cinq ayant de bons résultats ne prévoit pas de faire des études supérieures – alors que cette proportion est quasi nulle parmi les élèves favorisés.

Cette différence d’ambition ne doit pas être une fatalité. Elle a pour conséquence une sur représentation des enfants de cadres dans le supérieur : souvent, les enfants d’ouvriers sont deux fois moins diplômés du supérieur que les enfants de cadres.

Les inégalités territoriales : des obstacles qui conduisent à une orientation
différenciée entre ruraux et urbains

En milieu rural, les élèves rencontrent des difficultés qui altèrent les choix et perspectives d’orientation des élèves.

Ils accèdent difficilement aux informations. Leurs familles sont moins informées et les structures type salon de l’orientation ou CIO manquent. Concernant les équipes pédagogiques, les enseignants manquent de temps et de formation. Quant aux psy-
EN, leurs effectifs sont réduits et leurs secteurs d’intervention très vastes.

N’oublions pas la fracture digitale : ils rencontrent des problèmes de connexion Internet avec pour conséquence une utilisation restreinte du numérique et de ses possibilités en matière d’orientation. Ils subissent également des phénomènes d’autocensure.

L’absence de modèle est une réalité et certaines représentations en milieu rural sont encore redoutables, notamment pour les filles.

La conséquence de ces multiples obstacles : on constate une orientation différenciée entre les élèves ruraux et urbains notamment sur les aspirations professionnelles et le degré d’ambition pour suivre des études supérieures.

 

Les inégalités filles-garçons : une orientation scolaire encore genrée

L’orientation scolaire est tributaire d’un élément : le sexe de l’élève.

D’après une récente étude de la DEPP, dès la seconde, l’orientation serait marquée.

Le choix des filles, va plus vers les enseignements littéraires et ceux des garçons, vers les enseignements scientifiques ou technologiques.
Par conséquent, dans les filières, la mixité est rarement atteinte :

84 % de filles se retrouvent dans les secteurs de la santé-social et 82 % de garçons dans les secteurs des sciences de l’ingénieur.

Avec un meilleur niveau scolaire et par rapport aux garçons, les filles s’orientent davantage vers l’enseignement général et technologique. Pour autant, elles sont moins nombreuses en proportion à s’orienter dans les filières scientifiques.

Dans l’Enseignement professionnel, la mixité est également rarement atteinte, tant dans les domaines de la production – où 15 % des élèves ou apprentis sont des filles – que dans les domaines des services où les filles y sont majoritaires (66 %).

On retrouve ces différences dans l’Enseignement supérieur :

de nombreuses formations y sont peu mixtes. À l’université, plus de 70 % de femmes sont en lettres et en langues, et moins de 30 % en sciences fondamentales et en Staps. On retrouve peu d’étudiantes en classes préparatoires scientifiques et peu d’étudiants en classes préparatoires littéraires.

L’apprentissage de l’égalité filles -garçons est un levier indispensable pour lutter contre les stéréotypes de sexe qui conduisent à une orientation genrée selon les filières.

Une conséquence de ces différences d’orientation : à compétences égales, des
inégalités de salaires existent.

L’Éducation doit permettre de déconstruire les clichés qui sont malheureusement intériorisés : il faut changer les mentalités afin que les choix d’orientation des filles soient plus divers et moins stéréotypés. Pour l’Unsa Éducation, c’est une priorité.

Sources :
– résultats Enquête PISA 2018 ;
– étude de la DEPP intitulée « Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur » édition 2019 ;
– enquête de la fondation Jean Jaurès auprès des 17-23 ans « Jeunes des villes, jeunes des champs : la lutte des classes n’est pas finie » Novembre 2019 ;
– Rapport de Salomé Berlioux sur « Orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes, restaurer la promesse républicaine » Mars 2020.

Vous pouvez télécharger gratuitement le dernier « Questions d’Educ », ici.

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