L’information sous contrôle… éducatif

Les actualités législatives nationales se télescopent assez curieusement ces dernières semaines pour jeter un verre grossissant sur la crise des images – et des écrans – que traverse notre société. La loi de sécurité globale propose une entorse à la liberté de filmer pour informer alors que dans le même temps, le projet de loi sur le séparatisme cherche à mettre fin à un phénomène religieux et politique qui surfe sur les réseaux sociaux pour inciter à la haine et au terrorisme. Et dire qu’on nous prédisait il y a quelques décennies que le téléphone portable allait révolutionner très positivement la vitesse et les usages de l’information. La prophétie est devenue réalité avec cette différence que la force de pénétration de ce phénomène dans notre société est parvenue à faire trembler les portes et les murs de nos principes républicains et de nos institutions par l’entremise de la liberté d’expression.

L’école sanctuarisée n’y résiste pas non plus. A peine a-t-on parlé aux enseignants de la nécessité d’apprendre à leurs élèves à savoir regarder une photographie ou un photogramme pour en discerner le contour, en analyser l’objet et y débusquer les intrus mensongers et idéologiques que, déjà, en quelques années, en quelques mois, les tentatives par l’image 4G de dévoyer la liberté d’opinion occupent une place médiatique exagérément inquiétante : les fake news et autres documentaires de désinformation se multiplient sur les bandes passantes et nous interrogent sur la démarche pédagogique de l’éducation aux médias qu’il convient d’adopter. Les informations scientifiquement sourcées, précisément étalonnées, vérifiées, pourraient à terme se raréfier, submergées par les fake news, les publicités idéologiques et religieuseset les communications officielles de tous bords qui troublent, elles aussi, le paysage numérique et cathodique.

Et, allons encore un peu plus loin dans la fiction ; on n’ose imaginer que l’éducation aux médias devienne un jour une chasse à la “bonne” information, celle qui garantit nos libertés plurielles et qui serait traquée comme dans une dystopie à la Orwell ou à la Huxley. Pour nous, il est évident que le seul retour à une information sous contrôle qui vaille est bien celui d’une information sous contrôle… pédagogique, éducatif, éclairé.

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