L’égalité filles/garçons se joue aussi sur le terrain du numérique

C’est Ada Lovelace qui a créé le premier programme informatique en 1843. Aux balbutiements du
numérique, les femmes étaient prisées pour les tâches de programmation… parce qu’elles s’effectuent
via un clavier, comme le travail de secrétariat. Et puis cela a changé avec les enjeux financiers et de
pouvoir de ce nouveau domaine.
Alors que les inégalités femmes/hommes reculent dans notre société, même si ce n’est pas aussi vite et
aussi évident qu’on l’espèrerait, est-ce-que les espaces numériques sont une opportunité ou un danger
supplémentaire pour les femmes ? En fait les deux, la polarisation à l’œuvre actuellement produit le pire et le meilleur et n’est qu’un reflet de ce qui est déjà présent, souvent de façon souterraine.

Des occasions manquées


Alors que l’émergence d’un nouveau domaine aurait pu se faire avec plus d’égalité, libéré d’une histoire pleine de stéréotypes, ces derniers influent fortement encore une fois ! Dans le secteur du numérique. La présence des femmes est même en régression par rapport à 1985. Les jeux vidéos sont très genrés et prioritairement destinés aux garçons. Les adolescentes sont plus actives que les adolescents sur les réseaux sociaux parce qu’elles seraient « naturellement » plus dans l’échange entend-t-on !


Des espaces d’expression


Sur les réseaux sociaux, dans les jeux vidéos… les jeunes peuvent expérimenter divers rôles et tester des facettes de leur personnalité notamment en se genrant comme ils le souhaitent.

À un âge où l’on se cherche, cela ouvre des opportunités très riches. Le pseudonymat permet également la libération de la parole des femmes qui peuvent témoigner de ce qu’elles subissent. « #MeToo » en est un exemple phare mais c’est aussi au quotidien que l’on a accès en direct à des témoignages qui permettent aux victimes de ne plus se sentir seules et aux autres de prendre conscience de l’ampleur du nombre de femmes, y compris parmi leurs proches, qui ont traversé ou traversent encore des expériences traumatisantes

Des espaces violents et sexistes

Hélas, la libération de la parole des femmes s’accompagne de la décomplexion du sexisme en ligne. Une femme qui s’exprime sur les réseaux sociaux n’est pas contredite ou moquée sur le même mode que les hommes : elle a droit à des remarques sur son physique, à des commentaires sexistes, à des menaces de viol… et elle est bien plus souvent victime de harcèlement et de « revenge porn ».

Comme l’a montré l’affaire de la Ligue du LOL, des hommes, apparemment progressistes, peuvent utiliser les espaces numériques pour évincer leurs collègues femmes des postes à responsabilité de leur milieu qu’ils tiennent à se réserver.
Éducateurs, éducatrices, invitons les filles à investir les espaces numériques autant que les garçons, selon leurs envies et avec assurance. Cela suppose que ces espaces ne soient pas écartés des activités et discussions que nous leur proposons…

Vous pouvez télécharger gratuitement le magazine « Questions d’Éduc » N°42 en cliquant sur ce lien.

https://www.unsa-education.com/Questions-d-Educ

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