Le programme « vert » bientôt cinquantenaire

Depuis les années 70 et l’émergence de la sensibilité écologique dans les débats publics, la « verte attitude » s’est imposée comme une évidence et une nécessité dans le champ éducatif. Il a d’abord fallu voir la promotion de l’environnement inscrite dans les pages des grands textes officiels avant que  la notion de développement durable fasse l’objet de plusieurs circulaires de l’Éducation nationale pour l’inviter de manière transversale dans les programmes disciplinaires. 

L’histoire de l’écologie à l’école et de l’éducation au développement durable commence à émerger pour beaucoup en 1977, année où la Conférence intergouvernementale sur l’éducation relative à l’environnement promeut le besoin impérieux d’« acquérir les connaissances, les valeurs, les comportements et les compétences pratiques nécessaires pour participer de façon responsable et efficace à la prévention et à la solution des problèmes de l’environnement, à sa gestion et à sa qualité ».  

Droits et devoirs

Cette recommandation ne cessera d’être réitérée et approfondie à la moindre occasion aux plans international et national, de conférences en sommets, de Grenelles en agendas 21 ou 2030, sur les scènes médiatiques où sont débattues les questions de dérèglement climatique, de gestion des déchets et autres. Au gré de cette histoire planétaire tourmentée, les terminologies évoluent, passant de l’environnement à la transition écologique puis au développement durable afin d’élargir la notion et y intégrer les dimensions économiques et sociales.

En France, une stratégie nationale est mise en œuvre. La loi constitutionnelle du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’environnement proclame dans son article 8 que « l’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis » dans la charte, laquelle « place désormais les principes de sauvegarde de notre environnement au même niveau que les droits de l’homme et du citoyen de 1789  ainsi que les droits économiques et sociaux du préambule de 1946 », pour reprendre les termes du document.

Circulaires successives

A partir de 2004, les circulaires du MENJS (Ministère de l’Éducation Nationale de la Jeunesse et des Sports) vont se succéder au rythme d’une tous les deux à trois ans pour indiquer le cadre législatif d’une inscription du développement durable dans le système éducatif et les enseignements, celui-ci étant « défini comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cette Éducation au Développement Durable (EDD) doit s’appuyer sur les enseignements disciplinaires, les croisements des apports disciplinaires, les dispositifs transversaux inscrits dans les grilles horaires et les temps de débat, stipule la circulaire de 2004, qui invite alors à « des démarches pédagogiques diversifiées privilégiant des situations concrètes » susceptibles de faire émerger chez les élèves « la sensibilité, l’initiative, la créativité, le sens des responsabilités et de l’action »

Disciplines et transversalité

Si les sciences de la vie et  de la terre ainsi que la géographie sont, naturellement, vite convoquées au titre des disciplines, à partir de 2007, les autres matières vont être progressivement sollicitées pour inscrire l’EDD à leurs programmes. Les dispositifs transversaux en vigueur (itinéraires de découverte, EPI…) sont appelés à s’ouvrir largement à ce sujet qui mérite, officiellement désormais, qu’on s’y intéresse. Ce qui n’est pas sans créer une certaine perplexité à l’heure des projets d’établissements du fait de la vive concurrence avec d’autres sujets transversaux déjà bien « implantés » tels que l’art, la santé, la sécurité, la citoyenneté. 

Écocitoyenneté et label

Reste que l’EDD bénéficie de puissants alliés du public et de la société civile qui vont lui permettre de s’émanciper rapidement ; en nouant des partenariats avec des acteurs majeurs de l’environnement comme l’incite fortement la circulaire de 2011, ou en devenant des lieux d’exercice d’une écocitoyenneté promue politiquement à l’échelle nationale et internationale.  Écoles, collèges et lycées peuvent rejoindre des démarches de type Agenda 21 de la conférence de Rio de 1992 ou demander l’homologation E3D, label créé en 2013 pour honorer les établissements engagés dans une démarche globale qui va des enseignements au bâti et à sa maintenance en passant par la vie scolaire, démarche qui vise à atteindre l’objectif de transition écologique réaffirmé et actualisé dans l’Agenda 2030. 

Pour aller plus loin: télécharger QDE 43 « L’écologie en actes »

https://www.unsa-education.com/magazines/questions-deduc-n43-2/

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