Réflexions sur l’usage des photocopies à l’école

Ah, la bonne vieille odeur du stencil… les moins de 40 ans n’auront peut-être pas la référence, quoi que … À l’heure où, boostés par deux confinements qui sont venus parachever leur maîtrise du tout informatique, des manuels numériques, des padlets, des vidéo-projecteurs, d’internet via la fibre, des visio-conférences à tout va, à l’heure des équipements numériques dernier cri dans tous les établissements de France, de la prime aux enseignants pour s’équiper d’outils performants…

Qui utilise encore le support papier pour enseigner ? 

Et  bien nous sommes encore nombreux. Les angoisses de ne pas pouvoir assurer le cours qu’on avait prévu à cause d’un photocopieur HS en salle des professeurs sont encore courantes, et tout bon gestionnaire se doit d’anticiper la maintenance des copieurs et les commandes de papier s’il veut éviter une impossibilité d’imprimer ou de scanner tel ou tel document qui risquerait de plonger l’établissement tout entier dans une situation diplomatico-administrative grave.

Dans mon établissement – un collège d’environ 500 élèves dans lequel la quasi-totalité des personnels garde à l’esprit la nécessité de rationnaliser la quantité de photocopies – pour l’exercice 2019, les dépenses liées à la reprographie s’élèvent à plus de 11400€, soit 5.40% des dépenses globales. Un poste de dépense non négligeable qu’il est bien difficile de réduire. 

Les équipes sont aujourd’hui sensibilisées, quand elles ne sont pas véritablement formées aux outils numériques (pédagogiques ou administratifs), et la conscience écologique qu’il nous faut raisonner notre consommation de papier est incontestablement très répandue. Mais dans les faits, qui ne sont pas toujours aussi idéaux que décrits plus haut, il est toujours très pénalisant et parfois contre-productif de privilégier le numérique. Parce que les outils ne sont pas toujours fiables, parce qu’ils ne sont pas aussi équitablement répartis chez les professionnel·les ou chez les usagers que l’on voudrait nous le faire croire, parce qu’ils ajoutent de la distance entre l’émetteur et le destinataire.

La réflexion sur la mise en place de supports alternatifs ou de méthodes visant à diminuer la consommation de photocopies ne  pourra se développer à grande échelle qu’à la condition d’une politique nationale sur le long terme, volontariste et cohérente.

De plus en plus d’associations récupèrent le papier en vue de le revendre à des sociétés de recyclage (photocopies inutilisées mais aussi prospectus, un autre fléau écologique, catalogues, vieux livres inutilisables ou manuels scolaires obsolètes…). Un bon moyen de faire de la place dans sa bibliothèque ou dans son CDI tout en participant à une bonne cause. 

POUR ALLER PLUS LOIN : https://www.unsa-education.com/magazines/questions-deduc-n43-2/

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