une politique éducative en faveur de l’égalité

Les stéréotypes ont la vie dure ! C’est particulièrement vrai en matière d’égalité femme-homme, et cela s’ancre très, très, tôt chez l’enfant. Alors, si la société évolue et admet la parité, les idées sexistes circulent encore facilement et largement. Les milieux éducatifs ne sont pas épargnés. 

État des lieux et détour par l’histoire.

Éducation séparée

École de filles, école de garçons, au fronton du bâtiment sont parfois encore visibles. Il faut dire que l’école mixte ce n’est pas si vieux : la loi Haby de 1975 et ses décrets d’application de 1976 généralisent la mixité dans tous les degrés de l’enseignement. Il aura fallu laisser germer l’idée de mixité longtemps, en autorisant des exceptions ici ou là, pour arriver à la généraliser. 

L’éducation est également différenciée selon les genres dans les familles et dans de nombreux lieux d’éducation populaire. Les unes sont occupées dans les clubs féminins où elles s’initient aux travaux d’aiguilles, tandis que les autres s’adonnent à des activités sportives en extérieur. Il en a été ainsi jusqu’ à la moitié du XXème siècle. 

Dans les systèmes éducatifs mixtes, les filles et garçons reçoivent une éducation considérée comme identique, mais qu’en est-il réellement ? On s’aperçoit que, malgré une meilleure réussite des filles à l’école (en termes de durée moyenne des études, de niveau moyen des diplômes, de taux de réussite aux examens), elles sont toujours sous-représentées dans les filières prestigieuses et porteuses d’emploi. Par la suite, les femmes rencontrent plus de difficultés dans leur trajectoire professionnelle : elles sont, plus souvent que les hommes, confrontées au chômage, aux emplois précaires, au temps partiel contraint et couramment moins bien rémunérées. 

Une éducation non genrée est fondamentale

Trop souvent encore, et malgré la mixité et le principe républicain d’égalité, l’éducation des filles et des garçons se fait au prisme du genre c’est-à-dire en fonction du sexe biologique.

C’est ainsi que des jeux stéréotypés « filles » ou « garçons » sont proposés en fonction du sexe de l’enfant. Par exemple, les filles sont souvent encouragées à jouer à la poupée ou à la dinette et à faire « comme maman » et les garçons à s’amuser avec de petites voitures.  Et malheureusement, ceci se vérifie autant en famille, qu’à l’école maternelle ou à l’accueil péri-scolaire. 

Ces représentations genrées sont encouragées et renforcées par le marketing publicitaire et correspondent à un certain nombre de clichés présents dans la société. C’est pour cela qu’il est primordial d’aller au-delà de ses propres représentations. Nous pourrions commencer par éviter d’attribuer aux enfants des comportements qui seraient dévolus au sexe opposé et qui n’a souvent rien à voir avec le genre auquel s’identifie l’enfant. Dire d’une fille que c’est « un véritable garçon manqué » ou s’inquiéter de ce garçon qui joue à des jeux de filles, c’est faire la preuve qu’on adhère soi-même à ces stéréotypes.

L’identité de genre ou le sentiment intime et profond d’être une fille ou un garçon, ainsi que l’orientation sexuelle se déterminent souvent très jeune indépendamment des influences diverses ou attentes de la société car elles sont innées.

Ainsi, éduquer les filles et les garçons de la même manière, c’est permettre à chacun et chacune de grandir et de s’exprimer comme il ou elle est, et de développer ses propres compétencesEt c’est déterminant pour envisager un avenir plus égalitaire pour chacun.e.

Le cadre réglementaire 

Le cadre réglementaire existe, il est suffisant. Rappelons que le principe d’égalité est porté dans le code de l’éducation qui affirme la transmission de la valeur d’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dès l’école primaire. Le quinquennat actuel du président Macron a fait de cette égalité une grande cause nationale. Un comité interministériel réuni le 8 mars 2018 a défini les mesures clés pour transmettre et diffuser la culture de l’égalité, déclinées dans une convention.

Ainsi, cette convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (2019-2024) désigne « comme objectif prioritaire une approche globale de l’éducation à l’égalité. Elle est porteuse d’une vision partagée : la réussite de tous et toutes – élèves, apprentis ou étudiants – qui est au cœur de la mission du service public, suppose que l’École porte à tous niveaux le message de l’égalité entre les filles et les garçons et participe à modifier la division sexuée des rôles dans la société. »

Il n’en demeure pas moins que la formation de l’ensemble de la communauté éducative à la déconstruction des préjugés et à la prévention du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles qui peuvent en découler, est encore très faible. A partir de la rentrée 2021, la mise en place de modules de formation initiale et continue sur l’égalité filles-garçons est rendue obligatoire, mais cela prendra du temps de sensibiliser et de rendre effective les pratiques non sexistes au million de personnels concerné.es. Il y a là un grand défi d’acculturation à cette problématique pour réduire toutes les formes de discriminations.

Éclairons les concepts 

Identité de genre :

C’est la manière intime et profonde de se sentir soit de genre masculin soit de genre féminin ou bien ni l’un ni l’autre ou encore les deux.

Ce sentiment peut apparaître très tôt dans l’enfance.

Expression de genre

C’est la manière dont on exprime son genre, ce qu’on donne à voir aux autres à travers ses vêtements, sa coiffure, le choix de son prénom etc.

Orientation sexuelle 

Une personne homosexuelle (gai, gaie, lesbienne) est attirée sexuellement par les personnes de son propre genre.

Une femme hétérosexuelle est attirée sexuellement par les hommes et un homme hétérosexuel par les femmes.

Une personne bisexuelle est attirée sexuellement par les hommes et les femmes.

Une personne pansexuelle est attirée sexuellement par les personnes indépendamment de leur genre.

Une personne asexuelle n’est pas attirée sexuellement par les autres personnes.

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