Enseignement Supérieur : repenser l’investissement pour réduire les inégalités d’accès

Une note du Conseil d’Analyse Économique (CAE) pose des constats sur l’accès à l’enseignement supérieur et fait des recommandations pour réguler les moyens très inégaux alloués aux différentes formations.  La dépense par étudiant baisse tendanciellement depuis les années 2010, alors que le nombre de jeunes voulant accéder à l’enseignement supérieur est en hausse constante (+ 20% entre 2010 et 2020).

Des bénéfices indéniables mais un manque d’équité flagrant 

Les auteures de la note (Gabrielle Fack et Élise Huillery -université Paris-Dauphine), reviennent d’abord sur les bénéfices pour les individus et la société de l’accès à l’enseignement supérieur comme de meilleurs salaires et taux d’insertion pour ses diplômés, ou une capacité d’innovation qui entraine de la croissance économique. Puis elles se penchent sur les inégalités d’accès. Moins de 30 % des enfants issus de familles modestes accèdent à l’enseignement supérieur, contre près de 90 % parmi les plus aisés. La massification scolaire et le taux élevé de réussite aux bacs entrainent toujours des inégalités d’accès aux études supérieures et aux types de formation en fonction du niveau social. 

Comment améliorer l’efficience et l’équité de l’enseignement supérieur ? 

Pour y répondre, les auteures formulent six recommandations, dont le coût budgétaire annuel est chiffré entre 5,4 et 7,6 Md€, représentant entre 0,2 et 0,3 point de PIB. « Des montants importants, mais dont les bénéfices sont élevés et qui permettraient de placer la France à des niveaux de dépense par étudiant comparables à ceux de l’Allemagne ou du Danemark dans le premier scénario, à celui des Pays-Bas dans le second scénario, tout en restant très en dessous de pays vertueux tels que la Suède ou la Norvège », précisent-elles.

Les propositions, à dérouler sur un quinquennat :

–  Améliorer le taux de réussite en créant des places supplémentaires dans les filières courtes et augmenter les moyens en licence et en master (entre 2,6 et 4,7 Md€)

– Ouvrir 150 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur (1,5Md€)

– Orienter des postes et moyens supplémentaires vers les filières scientifiques et techniques qui présentent un rendement relatif plus élevé

– Revaloriser les bourses, élargir le socle des bénéficiaires et améliorer l’accès au logement étudiant pour les étudiants des classes populaires et moyennes (1,17 Md€)

– Modifier les critères d’admission dans les filières sélectives afin d’assurer un recrutement plus diversifié en fonction de l’origine géographique et sociale des jeunes.

– Communiquer des informations claires et transparentes sur les critères de sélection, les coûts et les bénéfices des formations au moment des choix d’orientation et veiller à lever les mécanismes d’autocensure.

Résorber les différences de coûts par année d’étude pour davantage d’égalité

Les écarts entre types de formation sont très marqués :

3 700 euros pour une année de licence, 

5 430 € en master,

6 541 € en LP,

8 271 en école de commerce,

9 747 € en DUT,

10 848 € pour un diplôme d’ingénieur, 

12 372 € en STS,

13 400 € en CPGE.

On peut en conclure que « les coûts de formation stricto sensu sont en moyenne de 5 250 euros par an et par étudiant dans les formations dépendantes du MESRI » Comparés aux 13 400 euros que coutent un élève de classe préparatoire, il y a là une inégalité criante. 

L’UNSA Éducation revendique un alignement de la dotation financière par étudiant sur celle des classes préparatoires conduisant à une harmonisation par le haut des crédits et du taux d’encadrement par étudiant afin de permettre à l’université d’accueillir correctement l’ensemble des jeunes qui souhaitent y poursuivre leurs études avec les meilleures chances de réussite.

Lire la note du CAE

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