Cordées de la réussite : accompagner les élèves dans leur projet d’orientation

Traditionnellement la 3ème semaine de janvier est la semaine nationale des Cordées de la réussite. L’objectif est de mobiliser dans toutes les académies les acteurs et actrices de ce dispositif d’accompagnement à l’orientation.

Un dispositif pensé comme un levier en faveur de l’égalité des chances

Les Cordées de la réussite sont pensées comme un levier d’égalité des chances. Elles visent à donner les moyens de réussir son projet d’orientation. L’objectif est aussi de lutter contre l’autocensure et de susciter l’ambition scolaire.

Dans le langage institutionnel, on parle d’un établissement «encordé» et des établissements «têtes de cordée». Quel que soit le parcours envisagé, poursuite d’études dans l’enseignement supérieur ou insertion professionnelle, une « Cordée de la réussite » repose donc sur le partenariat entre :

  • une « tête de cordée » qui peut être un établissement d’enseignement supérieur : grandes écoles, universités ou des lycées comportant une CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) ou une STS (Section de Technicien Supérieur)
  • et des établissements dits « encordés » : collèges et lycées de la voie générale, technologique ou professionnelle qui relèvent plus particulièrement des réseaux d’éducation prioritaire, des quartiers prioritaires de la politique de la ville ou de zones rurales éloignées des métropoles.

Les actions proposées aux élèves constituent un véritable accompagnement à l’orientation dès la classe de 4eme jusqu’à l’enseignement supérieur en passant par le lycée. Les actions sont diverses et répondent aux problématiques identifiées :

  • tutorat/mentorat
  • développement des usages du numérique et d’éducation aux médias
  • actions d’accompagnement et d’ouverture sociale et culturelle
  • proposer des opportunités pour découvrir d’autres lieux et d’autres secteurs professionnels
  • découverte des métiers pour lutter contre les stéréotypes de genre ou les représentations sur certaines filières….

Carole Jacquet Dupuis, CPE dans l’académie de Dijon nous parle de la réalité de ce dispositif au lycée La Prat’s à Cluny

Comment fonctionne cette cordée de la réussite?

Notre lycée est « encordé » avec 2 collèges ruraux et 1 collège urbain. La tête de cordée est l’ENSAM – Paris-Tech qui compte une antenne à Cluny.

L’établissement est encordé depuis la création d’OPTIM (Orientation et Programme pour la Technologie, l’Ingénierie, et le Management) il y a plus de 10 années.
A ce moment là, on ne parlait alors que de tutorat réalisé par des étudiants des Arts et Métiers, et les bénéficiaires étaient les lycéens boursiers et volontaires .
Le but consistait à rétablir de l’égalité et de permettre à des jeunes issus de certaines CSP d’être ambitieux dans leur parcours de formation. Depuis la fusion avec le dispositif des cordées de la réussite, il s’agit clairement d’ouvrir des horizons en terme de tutorat, d’orientation et de parcours de formation, mais aussi sociaux et culturels.

Le réseau sur lequel nous nous appuyons :

– les associations locales comme par exemple l’association des anciens élèves qui peut également être à l’initiative de certains projets

– les institutions locales (mairie et communautés de communes)

Quelles sont les actions mises en place dans le cadre de la cordée ?

La mise en application est très variée selon les configurations et besoins des établissements : certains vont privilégier la prise de parole, d’autres vont privilégier un travail sur les stéréotypes, un travail avec des associations…l’objectif étant de coller au plus près des besoins des élèves.

Une action est au cœur du dispositif : le tutorat. Il est mis en place 3 fois par semaine, en soirée, sur la base du volontariat des élèves à partir du mois d’octobre. Les CPE, Professeurs principaux et direction vont également cibler solliciter des élèves sur la base des premiers résultats scolaires et /ou du manque de confiance en soi. On recherche alors l’adhésion du jeune et de sa famille. Pour les jeunes empêchés pour des raisons logistiques (type transport), il nous arrive de proposer un accueil à l’internat. Autrement dit, nous nous efforçons de faire du sur mesure.

Nous organisons également des visites d’écoles ou d’entreprises, et des déplacements pour des journées portes ouvertes. Chaque année, un événement festif est prévu dans l’année : cela peut être une invitation au grand gala organisé par les étudiants, ou une invitation au barbecue du lycée en fin d’année scolaire. L’idée est vraiment de faire du lien mais cela est suspendu du fait des conditions sanitaires.

Nous souhaitons que le projet intègre une dimension culturelle. La crise sanitaire a suspendu certaines initiatives. Mais nous avons le projet d’emmener les lycéens et étudiants au théâtre et/ou au musée.

Un exemple concret à retrouver sur le site du lycée : en novembre dernier, nous avons organisé une visite de l’IUT du Creusot avec un enseignant du lycée, l’animatrice de la tête de cordée, l’étudiant coordinateur des étudiants-tuteurs bénévoles, et 3 anciens élèves du lycée aujourd’hui en retraite. Les élèves ont apprécié ce type d’organisation où se trouvent conjugués les parcours de formation avec des visites d’entreprise (et par conséquent la mise en lien formation-recrutement)

Dans votre expérience, qu’est ce que ce dispositif apporte aux élèves ?

Nos bilans révèlent que le tutorat est fort apprécié et permet aux élèves d’avoir une meilleure compréhension des cours et une meilleure mise en application des connaissances. Les résultats scolaires sont en augmentation, et on constate une action positive sur la confiance en soi. Enfin, ces actions permettent à certains d’accéder au projet d’orientation souhaité.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Que faudrait il améliorer ?

Des moyens financiers ont été alloués aux établissements encordés et c’est bien ce qui permet la mise en œuvre de tels projets et particulièrement lorsque l’on est un zone rurale. Sans ces financements nous ne pourrions pas faire venir des intervenants ou organiser autant de visites, les coûts des déplacements constituant un véritable frein dans notre secteur.
Pour notre part, la volonté de travailler en partenariat existe. Les associations locales sont dynamiques sur le Clunisois. Toutefois en zone rurale, il faut noter qu’on n’a moins d’opportunités qu’en milieu urbain.

La crise sanitaire a eu un impact sur certains projets. L’année dernière, nous avons dû basculer sur du tutorat en distanciel. Ce n’était pas complètement satisfaisant à cause de certains problèmes techniques mais cela a permis de garder le lien.

Malgré tout, ces cordées sont riches car il y a une volonté commune de partager, de mettre en commun pour nos élèves en travaillant sur une connaissance locale, en développant leurs compétences en expression orale, ou encore en développant leur curiosité.

Retrouvez quelques images sur le site internet du lycée : https://lyc-laprats-cluny.eclat-bfc.fr/l-etablissement/actualites/visite-a-l-iut-du-creusot-7343.htm

Pour en savoir sur le dispositif : c’est par ici avec des ressources sur Eduscol

Pour consulter le texte officiel : cliquez ici

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