Les jeunes plus pessimistes face à leur avenir, selon le baromètre annuel sur la jeunesse du MENJS

La crise sanitaire pèse de plus en plus sur le moral des jeunes. Au point que ceux-ci envisagent l’avenir sous des auspices fortement teintés d’inquiétude et de pessimisme. Tel est le bilan du baromètre 2021 sur la jeunesse proposé par la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) du MENJS. en collaboration avec l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP). L’enquête qui vient d’être publiée montre aussi combien les jeunes attendent un engagement fort des pouvoirs publics en matière d’emploi et d’aides sociales dans les périodes critiques.

Le « moral au plus bas » : c’est le principal enseignement à tirer du 6e et dernier baromètre sur la jeunesse réalisé par le ministère auprès d’un échantillon représentatif de 4.644 répondants âgé.e.s de 18 à 30 ans. Cette enquête, menée pendant un mois entre mars et avril 2021, visait à recueillir le sentiment des jeunes face à leur avenir, tant en termes d’aspirations personnelles que d’emploi, de mobilité et de conditions de vie sociale et professionnelle.

Il est vrai que le moment était particulièrement choisi avec une crise sanitaire en flux et reflux qui venait un peu plus fragiliser l’état d’esprit des plus optimistes, et dans de nombreux items, les résultats se trouvent être fortement contrastés avec les réponses recueillies un an auparavant.

Ainsi, pour six jeunes sur dix, « leur vie actuelle correspond à leurs attentes », mais ce résultat est en recul de six points par rapport à l’enquête 2020. De même, si 60 % des jeunes interrogé.e.s disent demeurer confiant.es face à l’avenir, ce résultat est en baisse de 7 points en un an.

Période pénible à vivre

Pour un jeune sur deux, la crise sanitaire a été une période pénible à vivre, résultat corrélé à la situation économique et sociale des répondant.e.s au moment de l’enquête. Car 28 % des jeunes ont perdu leur emploi pendant la période de pandémie et le sentiment fréquent de solitude est évoqué par 41 % des jeunes, les célibataires et les femmes étant plus particulièrement touché.e.s.

D’où un pessimisme ambiant qui gagne la jeunesse au point qu’ils et elles sont autant à déclarer un état d’esprit « négatif » que positif (45 % contre 46 % alors que les optimistes étaient 53 % l’an dernier). Une moins grande visibilité de l’avenir favoriserait ces réponses, avec 34 % des interrogé.e.s qui estiment que la crise sanitaire a changé la donne. Outre l’emploi, l’enquête indique que « l’expérience d’autres difficultés comme la dépression, la perte d’argent, le manque de matériel adapté pour se connecter à Internet, le manque de motivation ou encore le manque de relations sociales augmente également la propension des jeunes à considérer que la crise sanitaire a changé leur projet professionnel ou de formation ».

« Interrogés sur leurs projets dans les cinq années à venir, 50 % des jeunes déclarent vouloir s’installer en couple ou avoir un enfant, contre près d’un tiers (32 %) qui ne l’envisagent pas et 18 % qui sont indécis. L’autonomie résidentielle pointe en deuxième position avec 42 % des réponses, alors que 39 % ne pensent pas ou pas encore à ce type d’indépendance ».

Soutien des pouvoirs publics

Face à cette difficulté à se projeter dans l’avenir, les jeunes revendiquent un engagement plus fort des pouvoirs publics, notamment en termes d’accès à l’emploi. A l’inverse, le baromètre note qu’un quart des jeunes (24 %) estiment qu’ils ne bénéficient pas d’aides auxquelles ils pourraient pourtant prétendre alors que près de 30 % d’entre eux s’étaient exprimés en ce sens en 2020. Pour autant les différents dispositifs d’aide mis en place pendant la crise ne sont pas tous identifiés par les jeunes du fait d’une dégradation de la connaissance des aides et des droits sociaux ; les trois dispositifs d’aides sociales les mieux identifiés par les jeunes en 2021 demeurent le RSA, les aides financières au logement et la prime d’activité.

A noter également que le sentiment de discrimination gagne du terrain chez les jeunes puisque 59 % d’entre eux, d’entre elles, déclarent avoir subi au moins une forme de discrimination ou un traitement inégalitaire au cours des cinq dernières années : 26 % à cause de l’âge, 24 % à cause du sexe et 21 % pour des raisons liées aux origines ou à la couleur de peau.

Le baromètre sur la jeunesse affiche ainsi un constat inquiétant et derrière le moral en berne de nombreux jeunes, la crise sanitaire a fait poindre une accentuation des inégalités et les défaillances de certaines politiques publiques, notamment l’information en direction de ceux qui en ont le plus besoin. L’UNSA Éducation ne peut se résoudre à accepter pareil constat, revendiquant un soutien public qui puisse bénéficier à tous les jeunes, sans discrimination, et plus particulièrement dans les périodes où l’affirmation d’une nation solidaire est plus que jamais nécessaire.

L’intégralité du rapport est téléchargeable sur http://www.injep.fr

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