Mobilisé.es pour faire reculer les inégalités

C’est quoi une école plus juste ? L’égalité des chances est-elle une utopie ? La réussite de toutes et tous ou à chacun·e SA réussite ? Telles étaient les questions d’un World Café, un moment de convivialité où, en guise de brèves de comptoir, les congressistes UNSA Education ont pu faire valoir de véritables pistes de réflexion. Citations, redéfinitions, propositions, interpellations ; voici une synthèse de ces contributions.

Une école plus juste

Pour qu’une école juste ne soit pas juste une illusion, ni à peine une sensation, il faudrait d’abord travailler à construire une société plus juste. L’école hérite des inégalités, alors pourquoi lui faire porter seule tous les maux de la société ? Une école plus juste c’est une école  qui doit être pour toutes et tous, adaptée à chaque élève, à chaque personnel, dans un cadre de coéducation. Une école plus juste, c’est une école équitable qui fait fi des déterminismes sociaux, qui prend en compte les spécificités et possibilités de chacun, de chaque territoire et de chaque structure. C’est une école qui valorise, encourage, accompagne et permet l’épanouissement. Une école plus juste, c’est enfin une école qui a des moyens financiers et humains, au service de la réduction des inégalités.  

Équité plutôt qu’égalité

La notion d’équité est très souvent mise en avant pour être confrontée à celle d’égalité. Pour beaucoup de contributeurs, c’est bien l’équité qui est d’abord à rechercher, mais une équité qui dépasse le cadre de l’école et de l’institution scolaire car il existe une diversité transversale à bien des niveaux : beaucoup s’attardent sur la question de l’environnement familial, culturel et social, de l’ancrage territorial (et pas seulement dans l’hexagone). L’équité concerne aussi le traitement des savoirs et des enseignements, avec des savoirs manuels qui trop souvent mis de côté. Il est aussi évoqué sur ce point la question de la fracture numérique.

Utopie ? Non, mais l’idéal…

Certains lui préfèrent les termes d’idéal, de moteur, d’objectif à atteindre, de but, de devoir républicain au sens le plus large possible. Nombreux sont ceux qui croient en la réalisation de quelque chose de possible même s’il existe encore beaucoup de freins, financiers, humains, politiques, générationnels, territoriaux. Mais les nombreuses réponses négatives à la question « L’égalité des chances est-elle une utopie ? » semblent indiquer le caractère résolument optimiste et volontaire de nos militants. 

« L’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé » . Théodore Monod

Agir par quoi, par qui ? 

On s’accorde à penser qu’il faut d’abord une réelle volonté politique (et certains suggèrent l’utilité des moyens de pression pour « aiguiser » cette volonté, d’autres n’hésitent pas à parler d’influencer les politiques). Il faut ensuite des moyens humains et les rendre compétents par des formations sur la gestion de l’humain, la mise en réseau des acteurs, le travail en équipe.Les moyens financiers doivent suivent pour concrétiser durablement cette action. Enfin, il faut dépasser le seul cadre de l’école et agir au plus large dans tout le champ éducatif, en partenariat et coéducation. On parle souvent ici du rapport aux familles et de l’aide à la parentalité. On évoque aussi la nécessité de retrouver de la mixité sociale et d’agir sur les environnements. 

Facteur temps 

Il y a néanmoins un impératif : il faut du temps pour construire cette réponse dans la durée, car c’est le temps qui cimentera les projets et leur permettra d’être féconds. Certains soulignent à cet égard que le facteur temps concerne aussi le politique ; les alternances politiques freinent ou empêchent souvent d’aller jusqu’au bout des projets et de les ancrer dans la société.  

L’ensemble des réflexions sur les inégalités, à retrouver dans le dernier numéro de Questions d’Educ

2 réflexions sur “Mobilisé.es pour faire reculer les inégalités

  1. Bonjour, d’accord sans problème avec tous ces articles de bonne facture, mais un peu plus d’intérêt envers les personnes en situation de handicap, qui représente la plus importante minorité exclue de l’éducations le monde aurait été pertinent. Cordialement.

    1. Merci pour votre intérêt, l’inclusion est le prochain sujet que nous traiterons dans notre rendez vous annuel des métiers de l’éducation en novembre 2022. Nous ne méconnaissons pas la problématique !

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