Enseigner l’éloquence, c’est favoriser l’égalité des chances

Un récent rapport de l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) sur l’expérimentation d’un enseignement d’éloquence en classe de 3e appelle à une poursuite et une généralisation de cet enseignement en l’inscrivant de manière pérenne dans les programmes.

Il ne s’agit pas d’oral mais d’éloquence et la différence est de taille. Pour l’IGESR, derrière ce terme d’éloquence et l’expérimentation lancée il y a deux ans dans 367 collèges, se cache un enjeu d’égalité des chances qui dépasse largement la question des seules compétences orales. D’où plusieurs recommandations qui visent à en proposer un enseignement à part entière connexe au français, tout au long de l’année, à raison d’une heure par quinzaine, « et de le faire rayonner dans toutes les disciplines ».

Plus précisément, la 8e recommandation propose de « mettre en place dans chaque établissement, des événements de parole (lectures oralisées, représentations théâtrales, diction de poèmes, interprétations de discours, joutes oratoires, etc.) qui structurent les apprentissages », alors que la 11e recommandation suggère de « saisir le Conseil supérieur des programmes (CSP) afin de construire le programme de cet enseignement de l’éloquence ».

Résurgence de la motivation

Le rapport fait état d’un bilan largement positif  de l’expérimentation. Celle-ci a suscité beaucoup d’enthousiasme chez les élèves comme dans les équipes pédagogiques et encadrantes ; elle a su révéler chez les premiers une « autonomisation » et leur a permis de développer des compétences qui ont nourri des ambitions scolaires et de la motivation. Cet enseignement de l’éloquence propose une nouvelle façon d’envisager l’oral en lui donnant « une richesse qu’il n’a que rarement » en permettant une « égalisation des chances » soulignent les rapporteurs, songeant certainement à ces nombreux collèges de REP et REP + qui se sont lancés avec succès dans l’aventure ; avec ici des jeunes des quartiers défavorisés qui se sont brillamment révélés dans des joutes oratoires dignes des meilleures plaidoieries d’avocat, ou là, avec d’autres élèves qui ont levé leurs difficultés face aux textes littéraires en devenant des chantres de la lecture de grandes œuvres en public.

Reste désormais à élargir l’expérimentation « pour éviter que ne se développe une iniquité grave dans la formation des élèves » et dans les territoires, indique la mission qui « préconise la diffusion la plus large possible de cet enseignement », « de l’inscrire dans la grille horaire de la classe de troisième », « de lui donner le soutien pédagogique le plus riche possible, afin d’en faire un véritable enseignement, accompagné d’une formation des enseignants qui l’assument et répondant à un programme assurant son égale qualité ».

En faire un véritable enseignement

Sans entrer dans un débat sur le volume horaire nécessaire à donner à cet enseignement et son éventuelle intégration ou non à l’enseignement du français au collège, on ne peut que se réjouir des résultats qualitatifs de cette expérience. Celle-ci a redonné sens et goût aux apprentissages à des élèves souvent mis en difficulté dans leur scolarité ; et elle questionne la prépondérance actuelle au collège donnée à l’écrit et la réduction de l’oral à un simple outil d’expression et de communication («je donne la bonne réponse » ; « je m’exprime correctement »), pour reprendre le propos de l’IGESR. Pour l’inspection, la parole doit être considérée comme « impliquant des modalités linguistiques spécifiques » bien plus larges qui défont le stéréotype académique du dit « bon-élève-à-l’oral » et remettent ces élèves marginalisés au centre de la réussite scolaire.

Sans entrer dans un débat sur le volume horaire nécessaire à donner à cet enseignement et son éventuelle intégration ou non à l’enseignement du français au collège, on ne peut que se réjouir des résultats qualitatifs de cette expérience. Celle-ci a redonné sens et goût aux apprentissages à des élèves souvent mis en difficulté dans leur scolarité ; et elle questionne la prépondérance actuelle au collège donnée à l’écrit et la réduction de l’oral à un simple outil d’expression et de communication («je donne la bonne réponse » ; « je m’exprime correctement »), pour reprendre le propos de l’IGESR. Pour l’inspection, la parole doit être considérée comme « impliquant des modalités linguistiques spécifiques » bien plus larges qui défont le stéréotype académique du dit « bon-élève-à-l’oral » et remettent ces élèves marginalisés au centre de la réussite scolaire.

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