Fragmentation du temps scolaire: une nécessaire vigilance

L’« école fragmentée » peut creuser les inégalités scolaires si une attention particulière n’est pas apportée aux enfants les plus fragiles alors que l’objectif  de cette fragmentation est d’ouvrir l’école sur le monde extérieur. 

Blaise, 6 ans, élève de CP, passe moins du tiers de son temps d’école avec son enseignante  entre son arrivée dans les locaux de l’école à 8h30 et  sa sortie à 18h15. Durant la semaine, il est pris en charge en moyenne par huit personnes, près de vingt-cinq avec les récréations.

Dans ce « flux d’école » de dix heures, il passe de « fragment » en « fragment » au milieu d’activités encadrées par des animateurs et intervenants sur temps scolaire et périscolaire.

Inégalités sociales

Cette complémentarité éducative est vécue différemment selon les contextes économiques et les profils des enfants. Les plus adaptés aux exigences scolaires sont souvent issus des catégories les plus favorisées. Ils assimilent le contenu des divers temps éducatifs dispensés à l’intérieur de l’école et souvent la famille reprend ces apprentissages à la maison.

Mais certains enfants ne parviennent pas à faire cette synthèse. Ils n’ont pas la sphère psychique libre pour le travail de « couture » – image utilisée par Julien Netter dans son ouvrage sur L’école fragmentée (éditions PUF) – entre les bouts d’apprentissages pendant la journée car ils sont envahis par des problèmes sociaux et familiaux (difficultés matérielles et économiques, maltraitance etc.).

Rythmes biologiques à respecter

Cette division du travail engendre une perte d’énergie de l’enfant de par son effort d’adaptation nécessaire à chaque intervenant et à ses méthodes éducatives. L’observance de la chronobiologie de l’enfant est essentielle. Il faut lui imposer des horaires réguliers (se coucher tous les jours à la même heure, éviter de regarder les écrans avant de dormir) car l’irrégularité entraîne un dysfonctionnement des rythmes biologiques et de la fatigue. En effet, « le cerveau se réveille toujours à la même heure », explique Claire Leconte, professeur émérite de psychologie de l’éducation et chercheur en chronobiologie. Là encore les études montrent que les enfants issus des catégories socioprofessionnelles favorisées sont privilégiés dans l’observance des rythmes circadiens.

Questions d’Educ 47: Qu’est-ce que co-éduquer ? à télécharger pour aller plus loin sur ce sujet.

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