Réforme des maths : des annonces qui posent question

A la veille des Assises des mathématiques, organisées de longue date, le ministre a multiplié les annonces concernant une révision de l’enseignement de la discipline. Des éléments de réforme qui méritent d’être décryptés.

Le retour dans le tronc commun au lycée

Le ministre acte le retour d’une heure et demi de mathématiques, en première, pour ceux qui n’auront pas choisi cette spécialité. Il entérine donc le choix déjà fait cette année.

C’était indispensable pour la formation des futur·es citoyen·nes et parce que les mathématiques sont présentes et nécessaires dans de nombreuses filières d’orientation. Cela étant dit, ce qui est proposé est un tronc commun à géométrie variable dont le volume horaire n’est pas suffisant et représente une difficulté supplémentaire pour l’organisation des enseignements. Il faut noter que le comité de suivi de la réforme du lycée avait unanimement rejeté cette proposition.

Alors pourquoi ce choix ? Peut-être parce que malgré les déclarations successives de notre ministre, il y a un problème de recrutement en mathématiques qu’il ne faut pas nier. L’accalmie relative dans la pénurie d’enseignant·es de mathématiques est due principalement à la réduction du nombre d’heures depuis la mise en place de la réforme du lycée.

Il n’est pourtant pas trop tard pour tenir compte de nos recommandations.

Ainsi, l’UNSA Éducation demande :

  • un tronc commun pour tous et partagé par tous d’un volume horaire de 3h hebdomadaire en première
  • la possibilité de continuer les mathématiques en terminale pour les élèves n’ayant pas choisi la spécialité mathématiques
  • une articulation des différents programmes entre eux
  • une clarification du niveau nécessaire en mathématiques (citoyen/utilisateur/expert) pour chaque programme et chaque filière d’orientation

Remédiation en classe de seconde, groupes à effectifs réduits en sixième et incitation à la création de clubs de mathématiques au collège

Remédiation, groupes réduits et club sont des bonnes idées mais il faut des moyens spécifiquement dédiés. Sans cela, la mise en concurrence délétère des projets pédagogiques continuera de miner le moral et l’investissement des collègues. Si les moyens sont déployés, cela permettrait de faire des mathématiques autrement, de développer une pédagogie plus adaptée à certains élèves en difficulté et d’en pousser d’autres à l’excellence.

Il n’est cependant pas acceptable de faire cela sur la marge d’autonomie des établissements ou en HSE. Pour que nos collègues s’approprient pleinement ces dispositifs sans augmenter leur charge de travail, ces derniers doivent se rajouter à la DGH des établissements et être intégrés dans le service des enseignants.

Référentiel de compétences au collège

« Créer un cadre national de compétences en mathématiques (CNCM) sur le modèle du cadre européen de référence pour les langues (CECRL) pour certifier le niveau atteint par chaque élève en fin de 3e. » Il est à noter que ce travail avait été engagé par les services de l’inspection générale puis abandonné.

L’UNSA Éducation n’est pas opposée par principe à la création d’un tel référentiel. Mais nous nous interrogeons sur son caractère obligatoire et sa coexistence avec les évaluations par compétence construites par les enseignant·es depuis des années. De plus, ce travail conséquent sera-t-il remis en question ? Pour notre part, nous ne le souhaitons pas.

Lutter contre les mathématiques genrées et élitistes

C’est une reconnaissance de la part du gouvernement que la réforme du lycée a favorisé l’orientation dans les filières scientifiques des garçons issus de familles favorisées. Pour l’UNSA Éducation, il est indispensable de commencer à lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge, particulièrement au primaire. L’UNSA Éducation n’est pas, par ailleurs, favorable aux quotas filles/garçons dans le secondaire et souhaite que ces préoccupations se posent également lorsque la situation est inversée.

Les annonces et les incitations seront insuffisantes. Pour l’UNSA Éducation, il faut des actes engageants avec des objectifs chiffrés et un calendrier.

Formation des enseignants du premier degré

« Poursuivre le plan de formation en mathématiques des professeurs des écoles, y compris ceux des écoles maternelles avec la formation de tous les professeurs d’ici quatre ans (30% le sont déjà). La revalorisation des conseillers pédagogiques de circonscription dès cette année s’inscrit dans ce cadre ».

Pour l’UNSA Éducation, la formation des PE en mathématiques, dans le cadre du plan mathématiques, doit être poursuivie sur le temps scolaire autant que nécessaire et ne doit pas être conditionnée à la mise en place d’un « PACTE » ou se faire hors temps scolaire. Compte tenu de la formation initiale, souvent littéraire, des PE, c’est une priorité qui ne doit pas dépendre de la mise en place d’un autre dispositif.

Pour aller plus loin :

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