Les jeunes de la génération Covid très inquiets pour leur avenir selon un baromètre des Apprentis d’Auteuil

« Le futur ça fait peur » ; « Par rapport à l’ancienne génération, c’est difficile, déjà l’emploi, l’argent surtout » ; « Trouver plus facilement des patrons, pour les stages, avec le coronavirus c’est devenu compliqué. Moi, à chaque fois que j’appelle une … Continuer de lire Les jeunes de la génération Covid très inquiets pour leur avenir selon un baromètre des Apprentis d’Auteuil

Un atlas des jeunes en France, pour sortir des préjugés

Les auteurs de L’Atlas des jeunes en France ont présenté leur ouvrage lors de la journée d’études de l’APIGEN (octobre 2012). L’atlas des jeunes en France, Les 15-30 ans, une génération en marche. Autrement, août 2012 Le choix opéré est celui de raconter les jeunes en dehors de l’école, jusqu’à l’âge de trente ans, pour des raisons statistiques, mais aussi parce qu’on peut considérer que le passage à l’âge adulte est généralement acquis à cet âge-là, bien qu’il puisse paraître tardif. Mais aujourd’hui, la sortie du système éducatif a lieu vers 21 ans contre 18 ans en 1950. Le point … Continuer de lire Un atlas des jeunes en France, pour sortir des préjugés

Une jeunesse différente ?

Les valeurs des jeunes Français depuis 30 ans Par Olivier Galland et Bernard Roudet publié à La Documentation française, septembre 2012 L’image de la jeunesse portée par notre société est souvent simplificatrice. Largement renvoyée par les médias, elle met souvent en avant l’image d’une jeunesse dangereuse des quartiers dits « sensibles », d’une jeunesse dépolitisée ou éloignée des valeurs du travail et de l’effort, ou bien d’une jeunesse radicalisée et révoltée… Une approche sociologique permet de corriger cette représentation. C’est l’objet des études rassemblées dans ce livre dirigé par Olivier Galland (directeur de recherche au CNRS) et Bernard Roudet (chargé … Continuer de lire Une jeunesse différente ?

Politique ou politiques de jeunesse ?

Si la notion de politique de jeunesse est assez récente en France, son évolution est essentiellement marquée par la multiplication des niveaux d’implication. État, Régions, départements et communes ont chacun la responsabilité d’éléments concernant les jeunes. Dans ce millefeuille institutionnel, c’est généralement l’échelon local qui « tire le mieux son épingle du jeu », apparaissant comme le plus pertinent, le plus proche, le plus à l’écoute. Patricia LONCLE montre que conduire une politique de jeunesse est à la fois une manière raccourcie de mettre en évidence « le dynamisme des élus locaux » et un « outil de construction territoriale ». Pour autant, le champ d’action des communes est limité dans ce domaine (le socioculturel, le sports, les loisirs…) et elles ne peuvent agir qu’en partenariat lorsqu’il s’agit de questions sociales (avec les départements), d’emploi et de formation (avec les régions), de politique de la Ville (avec l’État) sans oublier les programmes européens favorisant les échanges.
Et puisque les jeunes ont besoin de formation, de logement, d’emploi, d’accès aux soins, aux loisirs, à la culture… ils relèvent de différents ministères, services, bureaux, délégations…
Enfin l’approche se complique encore si l’on considère qu’en permanence, il y a « oscillation entre 3 figures » de la jeunesse : une jeunesse ressource, une jeunesse à protéger et une jeunesse menace pour l’ordre public. Continuer de lire « Politique ou politiques de jeunesse ? »

Quel impact de la crise par pays entre 2007 et 2011 ?

Irlande – Espagne – Grèce
• Très forte baisse de l’emploi des jeunes.
• Augmentation du travail précaire.
• Explosion du temps partiel subi et du chômage de longue durée.
• Explosion du taux de jeunes pauvres ou en danger d’exclusion.
• Forte émigration.

Danemark – Portugal – Pays-Bas – Royaume-Uni – Italie – Hongrie
• Détérioration importante de la qualité de l’emploi des jeunes (emplois temporaires, temps partiel).
• Augmentation des jeunes en danger d’exclusion.

Bulgarie – Roumanie – Pologne et France
Si l’impact de la crise sur le taux d’emploi des jeunes avait été faible jusqu’en 2009, on observe une chute du taux d’emploi depuis 2010.

Suède – Finlande
• Forte diminution de l’emploi des jeunes entre 2007-2009. Une reprise est notée à partir de 2009 mais le temps partiel subi a fortement augmenté.

L’Allemagne fait figure d’exception. Augmentation de l’emploi des jeunes, diminution de l’emploi précaire et du chômage (y compris de longue durée), diminution de la pauvreté des jeunes. Continuer de lire « Quel impact de la crise par pays entre 2007 et 2011 ? »

Participation : piège à quoi ?

La question de la participation des jeunes n’est pas nouvelle. Depuis une trentaine d’années (même si des tentatives sont déjà présentes aux lendemains de la Libération et de Mai 68), rapports, expérimentations, dispositifs se multiplient afin de faire passer les enfants et les jeunes d’un statut d’objet à celui d’acteurs pour les éléments de la vie sociale qui les concernent.
Ainsi se sont largement développés les conseils de jeunes (même si souvent le mot est trompeur et désigne davantage des enfants de 10-12 ans), à la fois dans de nombreuses villes mais aussi dans des départements et des Régions jusqu’à instaurer un Conseil national de la jeunesse interlocuteur des ministres. Les « Juniors associations » sont également nées de cette volonté de permettre à des jeunes mineurs de créer et faire vivre leur structure associative dans un compagnonnage avec une association « adulte » et expérimentée.
Continuer de lire « Participation : piège à quoi ? »

Jeunes : que nous apprennent les chiffres ?

Même s’il est toujours difficile de collecter les chiffres réels et si leur interprétation reste souvent partisane, il n’est pas inintéressant de préciser en quelques données statistiques ce qui fait le quotidien des jeunes aujourd’hui. La France compte 8,18 millions de jeunes de 16 à 25 ans, soit 12,7% de la population.

Une situation d’angoisse
• 49% des Français ont une image très négative des jeunes au regard de leurs actions dans la société (étude Audirep mars 2010 « Les Français et les jeunes »).

• 50% des jeunes ont un sentiment d’angoisse face à l’avenir (baromètre IPSOS pour le Secours Populaire septembre 2010).

• Deuxième cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans, il persiste 600 suicides par an, malgré une baisse significative de 41% depuis 1993.

• 1 jeune sur 2 doute que les études garantissent une insertion plus facile dans le monde du travail (baromètre IPSOS pour le Secours Populaire septembre 2010).

• 90% des jeunes et des étudiants pensent qu’ils auront des difficultés à trouver un emploi (étude Quatre vents – juin 2010).

• 21% des jeunes et étudiants pensent qu’ils ont une formation en décalage avec les besoins des entreprises (étude Quatre vents – juin 2010). Continuer de lire « Jeunes : que nous apprennent les chiffres ? »

Jeunes : la triple discrimination

« La jeunesse française est discriminée économiquement, désocialisée culturellement et sousreprésentée politiquement. » affirme Olivier Galland, du Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique (Gemas), qui précise que trois explications générationnelles s’enchevêtrent.
De fait, depuis quelques décennies, la précarité de l’emploi se concentre de plus en plus sur les jeunes.
Du début des années 1980 au milieu des années 2000, le pourcentage de jeunes actifs de moins de 25 ans occupant un emploi instable ou pointant au chômage est passé d’un peu plus de 40 % à près
de 60 %. « Les jeunes, surtout non diplômés, sont plus que jamais la principale variable d’ajustement de l’économie, avec les travailleurs âgés, dit Olivier Galland. Notre système a plutôt tendance à protéger les “insiders” (ceux qui sont déjà intégrés dans l’emploi) que les “outsiders” (les postulants) ». Certes, il ne faut pas noircir le tableau à l’excès. Entre 25 et 30 ans, 80 % des jeunes finissent par obtenir un CDI. Il n’en demeure pas moins vrai que si l’ascenseur social n’est pas totalement en panne, il fonctionne assez mal et plutôt lentement. Continuer de lire « Jeunes : la triple discrimination »

Qu’est-ce que la jeunesse d’aujourd’hui ?

On le sait tous, depuis Bourdieu en 1978, « la jeunesse n’est qu’un mot », la cause est entendue, il n’y a pas un jeune, mais des jeunes aux parcours, environnements, niveaux d’étude, pratiques culturelles… très divers.
Difficile de donner un âge de début ou de fin à ce qui est davantage perçu comme un passage entre enfance et âge adulte et qui ne peut se confondre avec l’adolescence. Les sociologues s’accordent assez mal sur la période à considérer : même si l’essentiel des données se concentrent sur les 15-24 ans, on sent bien qu’un allongement est indispensable allant jusqu’à 29 ans (pour l’Insee) et parfois au-delà.
De fait les difficultés à dire la jeunesse viennent essentiellement du fait qu’il n’y pas homogénéité de cette catégorie sociale et que les disparités sont plus importantes qu’on ne les pense généralement. Continuer de lire « Qu’est-ce que la jeunesse d’aujourd’hui ? »

Europe : une génération sacrifiée ?

Si la jeunesse est « davantage un passage qu’un âge » (Bourdieu), la crise dans l’ensemble de l’Europe a retardé le franchissement vers l’âge adulte en empêchant l’insertion des jeunes dans la société et leur nécessaire « décohabitation » d’avec les parents.
Cette crise pénalise en effet particulièrement les jeunes sur le marché du travail, et ce, dans l’ensemble des pays européens. Dans les pays où le taux de chômage, déjà élevé pour les jeunes, a beaucoup augmenté (Europe du Sud et de l’Est), le chômage des jeunes atteint désormais des sommets mais la situation s’est également dégradée dans les pays ayant réussi à traverser la crise sans trop de difficultés mais où ce sont les jeunes qui servent de « variable d’ajustement ». C’est ainsi qu’en Suède, au Danemark et en Finlande l’augmentation du chômage des jeunes a été très forte.
Il faut noter, d’autre part, que dans les deux tiers des pays de l’OCDE, les jeunes sortis du système scolaire n’ont droit à aucune forme d’allocation même si on note une différence entre pays du nord (où des transferts sociaux conséquents existent pour les jeunes en formation ou en recherche d’emploi) et pays du sud où la famille reste le principal soutien. Continuer de lire « Europe : une génération sacrifiée ? »

Devenir étudiant, à l’Université

En passant la porte de l’université, le lycéen ne se métamorphose pas en étudiant. C’est un jeune qui s’engage dans des études universitaires, sans vraiment se rendre compte de ce qui l’attend.
Cette transition est délicate et souvent douloureuse. Le nouvel étudiant, qui sort du cadre scolaire, doit se familiariser à un environnement ouvert. Cette initiation sera tout aussi décisive pour sa réussite scolaire que pour son devenir. Elle est pourtant peu étudiée. Les enquêtes analysent plus couramment la situation avant les études supérieures à travers les choix d’orientation, ou après la sortie en examinant le devenir professionnel des étudiants. Lorsque la question de cette mutation est abordée, elle se concentre sur les formalités administratives, les démarches formelles ou encore sur la description de l’environnement géographique du futur étudiant, toutes choses utiles mais insuffisantes pour décrire l’évolution de l’état d’esprit du jeune.
Celui qui fait le choix de l’université devra compter d’abord sur lui-même. Il sera souvent confronté à des complications économiques, trouver des ressources, des aides (familiales, sociales,…), un travail, gérer son budget… Il devra faire des choix et les assumer, aussi bien dans ses études (filières, parcours, options), que dans ses engagements (participer à une association, un syndicat, ..) et dans ses loisirs (sportifs, culturels, …). Il devra trouver les personnes et les services mis en place par les établissements pour l’accompagner. Continuer de lire « Devenir étudiant, à l’Université »

Comment les jeunes s’éduquent-ils eux-mêmes ?

Dans son dernier ouvrage “L’éducation buissonnière”, la sociologue Anne Barrère se penche sur les activités électives des jeunes : blogs, net, sports, musiques… où le numérique tient une large part. Elle analyse de nombreux entretiens menés et nous fait découvrir des richesses bien souvent ignorées. Loin des constats catastrophiques sur l’impossibilité d’éduquer les jeunes et la dramatisation de la concurrence de la culture scolaire et de la culture de masse, elle nous montre tout ce que les jeunes apprennent en dehors de l’École, parfois contre elle ou malgré elle. Continuer de lire « Comment les jeunes s’éduquent-ils eux-mêmes ? »