Un binôme au service de la transversalité

Basée sur une séquence construite conjointement avec un·e enseignant·e de matière professionnelle et un·e autre de matière générale à partir d’une situation professionnelle, la mise en place de la co-intervention dans la voie professionnelle a pour but de rendre les enseignements dits généraux plus concrets pour les élèves de baccalauréat professionnel et de CAP. 

Orientée au départ sur les maths-sciences et le lettres-histoire géographie, elle s‘ouvre pour les terminales à d’autres enseignements généraux (anglais par exemple). L’idée que ces enseignant·es de matières différentes puissent co-construire une séquence pédagogique semble séduisante mais sa réalisation s’avère souvent complexe. 

La co-intervention présente 4 modalités 

  • Le tandem (partage de la parole)
  • Un professeur enseigne, l’autre aide sur la séquence
  • L’ilot : répartition des élèves en ilots et les deux professeurs sont ressources
  • Les groupes différenciés : sur un support de situation professionnelle, le professeur de matière générale viendra en soutien pour des élèves en difficulté sur des outils liés à sa matière.

TÉMOIGNAGES  

Hélène MASSON, 

PLP mathématiques-sciences (Académie de Dijon)

formatrice en co-intervention

Ce travail en équipe interdisciplinaire bouleverse les habitudes et peut déstabiliser certains, il faut laisser du temps d’adaptation et prévoir des formations sur les différentes modalités.

La difficulté reste le temps en commun pour la concertation, si 2 semaines à la rentrée sont laissées aux enseignant·es pour travailler ensemble, aucune plage tout au long de l’année n’est prévue sur les emplois du temps. Ce dispositif permet de légitimer les enseignements généraux dans le cadre d’activité professionnelle et donne l’opportunité aux apprenant·es de démontrer leurs capacités. Les jeunes sont fiers de mettre en avant des compétences professionnelles devant des enseignant·es de matières générales. Tout cela fait évoluer positivement le relationnel en classe. Une analyse des pratiques entre enseignant·es et lycées permettrait d’améliorer le dispositif.

Patrick Tétaud

Directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques (Académie de Bordeaux)

La clé de la réussite de cette modalité de formation est la bonne entente du « couple » de professeurs intervenant conjointement. Pour créer l’alchimie afin que chacun s’y retrouve dans la construction des apprentissages, il faut composer avec les équipes, rassurer et accompagner. L’exercice solitaire habituel du professeur est remis en cause avec un changement de pratique. Pour les équipes qui adhèrent, le résultat est positif pour les élèves et les enseignants, cela amène du sens aux enseignements généraux et une remotivation des élèves. Avec des équipes de professeurs stables, le montage de la co-intervention est plus facile et peut être anticipée ; avec des équipes fluctuantes, cela est plus complexe. Il est cependant nécessaire de dégager du temps de concertation tout au long de l’année.

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