Mathématiques en primaire : neutraliser les « effets » de genre

Un rapport du conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN) vient de mettre en lumière que les écarts se creusent en faveur des garçons en mathématiques à l’issue du CP. Et qu’il convient d’y remédier par des gestes professionnels adaptés.

Il s’agit d’une note qui peut paraître anodine mais qui montre combien l’égalité filles garçons doit être scrutée avec attention dans les programmes disciplinaires dès le début du primaire si l’on veut rapidement y remédier. Notamment en classe de mathématiques où il apparaît qu’un fossé se creuse très vite entre filles et garçons, au détriment des premières, avant l’entrée en CE1.

Ainsi, à partir des évaluations nationales de 2018, le CSEN a remarqué qu’il n’existait aucune différence de niveau entre les élèves des deux sexes à l’entrée au CP et que, en l’espace d’un an, des écarts importants se creusaient entre filles et garçons. Les auteurs assurent que ces différences ne sont « ni innées, ni inévitables » et qu’elles sont le produit des politiques éducatives mises en œuvre, s’appuyant sur les enquêtes Timms et les résultats Pisa affichant des résultats probants dans les pays qui se sont engagés à défaire le stéréotype d’un « genre » masculin attaché aux sciences.

Collaborer avec les enseignants

Or, selon le CSEN, en France, l’entrée à l’école agirait comme un facteur déclenchant « l’internalisation » chez les élèves des stéréotypes liés au genre tels qu’ils sont encore très présents dans la société et le cercle familial. Fort de ce constat, le CSEN propose donc de « collaborer bien plus » avec les enseignants dans le domaine de « la stéréotypie de genre afin de mettre en œuvre des gestes professionnels susceptibles d’en neutraliser les effets ». Par exemple, en invitant les enseignants à interroger égalitairement filles et garçons pendant la leçon de mathématiques, ou en proposant régulièrement des modèles féminins de réussite en mathématiques et en sciences.

L’intervention auprès des parents dans ce sens de la valorisation des filles en mathématiques et en sciences est également préconisée.

Cette étude vient corroborer l’idée, défendue par l’UNSA Éducation dans sa lutte contre les inégalités scolaires et notamment filles-garçons, que la question des stéréotypes peut et doit être investie dès les premiers cycles de la scolarité en associant largement tous les acteurs éducatifs. Cette égalité est à promouvoir de manière transversale sans distinction de discipline puisqu’il s’agit d’un modèle éducatif entier qui est à réinvestir.

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